À Lyon, nous n’avons pas de plage, mais deux fleuves majes­tueux. Les berges du Rhône ont conquis depuis long­temps les prome­neurs. Celles de la Saône s’offrent désor­mais à nous sur 15 kilo­mètres, de Lyon à Roche­taillée. Pleine de charme, la balade nous plonge dans une ambiance très diffé­rente des rives du Rhône, à l’as­pect monu­men­tal et assez homo­gène. En bord de Saône, point de péniches- bar ni de pistes cyclables. Conçu en 8 séquences contras­tées parées d’œuvres d’art, le parcours met en lumière l’âme sinueuse et sauvage de la Saône. 

Dans le centre de Lyon, sur 2,9 kilo­mètres, la prome­nade miné­rale fait dialo­guer le fleuve avec la beauté patri­mo­niale du site, autour d’une trame narra­tive imagi­née par l’ar­tiste Tada­shi Kawa­mata. Ses passe­relles entre­croi­sées et sa plage de bois invitent à flâner au bord de l’eau, en oubliant l’agi­ta­tion cita­dine face au Vieux Lyon et à Four­vière. 

Pour une échap­pée en famille plus nature et truf­fée de surprises, deux options s’offrent à vous. La portion suivante de 5 kilo­mètres, qui part des quais du bas-port (à hauteur du Grenier d’Abon­dance) et vous conduit jusqu’à l’an­cienne écluse de Caluire, n’a pas son pareil pour nour­rir l’ima­gi­naire des enfants. Une seule embuche, les travaux à hauteur du pont Schu­man néces­sitent actuel­le­ment de contour­ner les berges sur une quaran­taine de mètres. Sur ce parcours, une première séquence encore urbaine offre une profon­deur de champ qui se fait majes­tueuse. De spec­ta­cu­laires lianes métal­liques forment des sculp­tures bancs où se poser au soleil. Le chemin nature qui y succède nous fait péné­trer dans une sorte de traboule végé­tale au fil de l’eau. Des masques aux couleurs chatoyantes de l’ar­tiste came­rou­nais Pascale Marthine-Tayou contri­buent à la magie du lieu. À hauteur de Caluire, les embar­ca­tions du club d’avi­ron donne­raient presque envie aux enfants de se jeter à l’eau si la féerie ne les atten­dait pas au niveau de l’île Barbe. Sur le site de l’an­cienne écluse, Jean-Michel Otho­niel a imaginé un belvé­dère aérien en verre de Murano coloré, aussi beau que dans les contes de prin­cesses et de cheva­liers. À hauteur de l’île Barbe, c’est là que s’ar­rête aujourd’­hui une des premières tranches du projet de réamé­na­ge­ment des berges. 

Pour en décou­vrir d’autres aspects tout aussi ludiques, une autre option consiste à se rendre en famille à Roche­taillée où ont été aména­gées de grandes plages vertes pour se rouler dans l’herbe ou pique-niquer. Des ginguettes proposent une halte pour siro­ter une grena­dine ou s’of­frir une glace au bord de l’eau. Après la détente, ne manquez sous aucun prétexte la prome­nade qui va de Roche­taillée à Fontaines-sur-Saône (3,7 kilo­mètres). Sur le chemin arboré, une météo­rite jeu imagi­née par l’ar­tiste le Gentil Garçon invite à des parties de grimpe et de cache-cache avec des pentes comme des tobog­gans. D’autres œuvres ludiques ponc­tuent le parcours : un esca­lier tour­nant surplom­bant la rivière, un incroyable arbre à pois­sons de 8 mètres de haut… Le surna­tu­rel opère.

Rives de Saône
Bon à savoir : la ligne de bus 40 fait tout le parcours des berges. À Roche­taillée, un parking a été aménagé à proxi­mité des berges pour les visi­teurs qui viennent de plus loin. www.lesri­ves­de­saone.com

Aude Spil­mont