C’est fou ce que l’on peut créer avec quelques morceaux de feutrine, une caméra, beau­coup de tendresse et d’ima­gi­na­tion. La réali­sa­trice Hermina Tyrlova, une des chefs de file de la très répu­tée école d’ani­ma­tion tchèque, le prouve ici à travers cinq très courts-métrages à desti­na­tion des tout-tout-petits. À chaque fois, ce sont des animaux domes­tiques qui sont les héros de ces histoires muettes amusantes, craquantes et pas si conve­nues que cela. Qu’il s’agisse de L’Âne aux grandes oreilles, malheu­reux mais bien­tôt récon­forté par ses amis maladroits, de la fête qu’ont envie de mener tambour battant la vache et son veau, ou bien du Noël que tous préparent avec entrain en espé­rant qu’il ne soit pas gâché par la neige. Mais les deux contes les plus atta­chants restent une relec­ture pleine d’hu­mour du Vilain Petit Canard et celui baptisé Le Chien rêveur, ce toutou atta­ché qui ne rêve que d’un compa­gnon de jeu et qui ne peut faire plus, puisque le maître de son amie refuse qu’ils se voient. Des saynètes tout en douceur et riches en émotions fortes.

Véro­nique Le Bris

Critique parue dans Grains de Sel 61, novembre 2010