Daniel est un ado petit, mince, aux cheveux longs. On le prend souvent pour une fille, ce qu’il déteste sans être capable de protes­ter. Mal inté­gré dans sa classe, Microbe (c’est son surnom) a pris l’ha­bi­tude de se réfu­gier dans le dessin… jusqu’à ce jour où, en classe de quatrième, débarque Théo. Contrai­re­ment à Daniel, Théo (Gasoil, donc) est extra­verti, déluré et très brico­leur. 

Entre eux, l’ami­tié est immé­diate. Comment pour­raient-ils se quit­ter une fois l’an­née scolaire écou­lée ? Pour éviter cette sépa­ra­tion, ils décident de partir ensemble en cati­mini et pour cela, se construisent une voiture-maison. Desti­na­tion : le Massif central ! 

On n’at­ten­dait pas Michel Gondry sur ses souve­nirs d’ado­les­cence. À tort. Dans ce petit film fauché, il met son inven­ti­vité au service d’une touchante histoire d’ami­tié, très inspi­rée de sa jeunesse. La rencontre entre Microbe et Gasoil a lieu à Versailles, là où il a grandi ; il recon­naît que sa famille était proche de celle de Microbe, qu’il a tourné dans la maison de ses grands-parents et que Gasoil est inspiré de plusieurs de ses amis. 

Mais il parvient à ne rester englué ni dans le passé ni dans la nostal­gie. Au contraire, il signe un film d’aven­ture très contem­po­rain, ancré sur deux person­nages peu conven­tion­nels mais bien réels, confron­tés aux démons de leur âge et de leur carac­tère. Voici donc une bien belle chro­nique sur l’ado­les­cence et sur l’au­dace de cet âge des possibles. 

Véro­nique Le Bris