Chez les Bélier, on ne s’en­tend pas ! Et pour­tant, personne ne parle… ou presque. À part Paula, la fille, tout le monde est sourd, mais ce n’est pas une raison pour ne pas commu­niquer. Et Paula est char­gée d’échan­ger avec le monde exté­rieur. Même si l’am­biance de la ferme où ils habitent est chaleu­reuse, enjouée, lourde aussi parfois, Paula a les préoc­cu­pa­tions de son âge : le lycée, les garçons et sa nouvelle passion, le chant choral. Mais comment faire comprendre à sa famille sourde qu’elle a une voix extra­or­di­naire ? Et que si elle veut essayer de construire son avenir avec, c’est à Paris que cela se joue, c’est-à-dire loin des siens qui ont tant besoin d’elle ? 

Avec un enjeu pareil, on peut s’at­tendre au pire et pour­tant, c’est le meilleur qui surgit à l’écran. La Famille Bélier est une très belle surprise qui va enjo­li­ver la période des fêtes. Belle comé­die très forte en émotions, où l’on passe sans cesse du rire aux larmes, ce film, qui mixe langue des signes et paroles, a en plus la chance d’être porté par de merveilleux acteurs : Karine Viard, François Damiens, qui ne disent pas un mot, Éric Elmos­nino qui, lui, parle trop, et la magni­fique Louane Emera, à la voix sublime et au charme un peu bourru très touchant. Et rythmé par des répliques effi­caces comme « quand il n’y a plus aucun espoir, il reste Michel Sardou ». Indis­pen­sable ! 

Véro­nique Le Bris