L’aus­tère façade, avec son grand mur digne d’un péni­ten­cier et sa petite porte, surprend la première fois. Comme pour les ryhads, il faut pous­ser la porte pour décou­vrir le charme des lieux. Dès l’en­trée, un bassin puis un ensemble de bâti­ments hété­ro­clites, entre contem­po­rain et rétro. Drôle d’en­droit pour une MJC ! Les lieux abri­taient jadis l’usine de maillots de bain Rasu­rel. Cham­pol­lon, le créa­teur de la marque, avait choisi de céder, à sa mort, l’en­semble des bâti­ments à la mairie, à condi­tion d’en faire une MJC. Le bassin décou­vert et la piscine couverte, créés pour réali­ser les tests produits et permettre aux nageurs parte­naires de la marque de s’en­traî­ner, sont désor­mais utili­sés par les clubs et asso­cia­tions du quar­tier, comme la salle de danse et la salle de spec­tacle.

Comme dans toute MJC, un grand nombre d’ate­liers est proposé aux adhé­rents. Mais c’est égale­ment un point de rencontre pour les habi­tants du quar­tier, de tous milieux sociaux, de toutes origines. À la sortie de l’école, par exemple, les mamans se donnent rendez-vous au café-restau­rant asso­cia­tif. Ici on ne sert que des produits frais, locaux : idéal pour un goûter équi­li­bré. Si la météo est clémente, on s’ins­talle au calme, sur la terrasse que jouxte un petit jardin, qui ne se prend pas au sérieux. On y trouve un pot à semis… de mégots. Loin de la rue, l’en­droit est calme et donne sur un square public qui se refait actuel­le­ment une beauté. Comme s’amuse à le dire Sylviane André, la direc­trice, c’est un lieu de traboule, les gens traversent par là pour prendre le métro. Elle met un point d’hon­neur, avec son équipe, à faire de cette belle auberge espa­gnole un lieu d’ac­cueil pour tous : asso­cia­tions de quar­tier, festi­vals pro ou étudiants, concerts, forma­tions, confé­rences, expo­si­tions photos… La place ne manque pas, il faut en faire profi­ter tous ceux qui ont des projets.

Vincent Jadot