Mathûvû, quel drôle de nom pour une boutique ! Karine et Anne-Gabrielle l’ont trouvé dans le livre Prin­cesses oubliées de Rebecca Dautre­mer.

Cette prin­cesse-là n’est pas du genre à s’éva­nouir en se piquant avec une aiguille, elle a des doigts de fée. Ça tombe bien, car en ces lieux on a juré allé­geance aux créa­tions origi­nales. Atten­tion, point de place pour les gadgets clinquants, les “ m’as-tu vu ” sans style n’ont pas droit de cité en ce royaume. Ce vaste espace, cosy et chic, avec ses bois clairs, ses tapis, ses vastes tables, est un bel écrin pour mettre en scène de jeunes créa­teurs de mode et de déco présents dans la région. L’en­droit dégage une impres­sion de quié­tude, de compli­cité, comme si les maîtresses des lieux voulaient juste parta­ger leurs coups de cœur.
Ce qui attire inévi­ta­ble­ment le regard, c’est la grande et belle verrière qui trône tout au fond et abrite un atelier comme on en rêve tous.
Karine et Anne-Gabrielle l’uti­lisent pour réali­ser les créa­tions de la griffe qu’elles ont lancée. Mais c’est avant tout le lieu où se tiennent les nombreux ateliers ouverts au public et animés par les créa­teurs expo­sés. On y apprend l’art du point de croix, de l’ori­gami, du tricot… De 16 à 76 ans, les appren­ties sont nombreuses. Les hommes sont les bien­ve­nus, mais n’osent pas encore faire leur coming-out de trico­teurs.

Vincent Jadot