La rentrée cultu­relle nous donne des ailes

Un vent de nouveau­tés souffle sur cette rentrée. Arts numé­riques, instal­la­tions inter­ac­tives, concert narra­tif sous casque, confé­rence dansée… les artistes font dialo­guer toutes les disci­plines pour inven­ter d’autres formes de spec­tacles. Plus inso­lites. Plus joyeuses. Toujours aven­tu­reuses. Avec à la clef de belles émotions à parta­ger et des souve­nirs qui aident à gran­dir. Promis, juré, la saison sera excep­tion­nelle. Et pour vous aider à choi­sir, voici notre sélec­tion des plus beaux moments à venir. Par Blan­dine Dauvi­laire.



Dès 18 mois
 
– Spec­tacle – instal­la­tion inter­ac­tive –
Le Jardin du possible
L’ar­tiste Benoît Sicat invite les tout-petits à le rejoindre dans une instal­la­tion-jardin compo­sée de carrés de gravier, de galets, de bois flot­tés… Déli­ca­te­ment et en silence, il les incite à se saisir de ces matières cares­sées de lumières, à les dépla­cer, à compo­ser d’autres parterres pour ouvrir le champ des possibles. Les enfants se trans­forment en jardi­niers créa­tifs et découvrent à leur rythme le plai­sir de toucher, d’en­tendre, de parta­ger. Une expé­rience senso­rielle vrai­ment unique.
En octobre au Tobog­gan et au TNG.



Dès 4 ans

 
– Danse d’objets –
L’Après-midi d’un foehn
À la croi­sée des arts, Phia Ménard a imaginé un ballet aérien d’une déli­ca­tesse et d’une poésie inouïes. Sur une petite scène entou­rée de souf­fle­ries, une artiste construit des marion­nettes en sacs plas­tique auxquels les vents donnent vie. Empor­tés dans les airs sur la musique de Debussy, ces êtres fragiles composent une danse qui ne tient qu’à un souffle. De rafales en tour­billons, l’ima­gi­na­tion décolle et le spec­ta­teur est touché en plein cœur. Ce petit chef-d’œuvre nous remplit de bonheur.
En juin au TNG.
 
 
 
Dès 4/5 ans
 
– Danse – vidéo –
Asa nisi masa
En choi­sis­sant comme titre pour ce spec­tacle l’in­can­ta­tion magique du film Huit et demi de Fellini, qui permet au héros de replon­ger en enfance, le choré­graphe José Montalvo s’au­to­rise toutes les fantai­sies. Comme à l’ac­cou­tu­mée, il entre­mêle les danses hip-hop, clas­sique, afri­caine, flamenco, la musique et la vidéo ; fait dialo­guer ses joyeux danseurs avec des animaux virtuels, et nous entraîne dans des contrées ludiques qui n’ap­par­tiennent qu’à lui. Inspi­rées de contes, les séquences de ce spec­tacle s’en­chaînent telle une succes­sion de rêves.
En décembre au théâtre du Vellein, en janvier à la Maison de la danse.
 
 
 
Dès 6 ans
 
– Théâtre –
Le Papa de Simon
Simon vit seul à la campagne avec sa mère. Dès sa première rentrée scolaire, l’en­fant devient le souffre-douleur de ses cama­rades, qui lui reprochent de ne pas avoir de père. Sa rencontre avec le forge­ron du village va faire naître chez l’un comme chez l’autre un senti­ment de pater­nité. Adap­tée de la nouvelle de Guy de Maupas­sant, mise en scène sobre­ment par Clément Mori­nière, cette fable sensible parle de la diffé­rence et de la cruauté qu’elle engendre.
En décembre au TNP.

– Ciné-concert –
Pixar in concert
Les héros de Disney-Pixar ont rendez-vous à l’Au­di­to­rium pour un ciné-concert excep­tion­nel. Tandis que des extraits de Toy StoryLe Monde de NémoMonstres et Cie1001 PattesRata­touille et bien d’autres sont proje­tés sur écran géant, l’or­chestre natio­nal de Lyon inter­prète les musiques qui les accom­pagnent. Un moment magique qui allie films cultes et musique sympho­nique sous la direc­tion de Timo­thy Brock.

En octobre à l’Audi­to­rium.
 
– Nouveau cirque –
Il n’est pas encore minuit
La compa­gnie XY est de retour avec LE spec­tacle qui a enthou­siasmé la dernière Bien­nale de la danse. Sur scène, 22 acro­bates prodi­gieu­se­ment doués prouvent qu’être soli­daire permet d’al­ler plus haut, que construire ensemble donne confiance en soi et envie d’avan­cer. Si les voltiges, les portés collec­tifs et les pyra­mides de quatre niveaux laissent bouche bée, l’hu­ma­nité, le charme et l’hu­mour dont font preuve les artistes épatent tout autant. D’une géné­ro­sité folle, cet hymne à la vie nous remplit d’es­poir.
En janvier à la Maison de la danse.

 – Théâtre –
Le Petit Chape­ron rouge
Entre une mère toujours pres­sée et une grand-mère très fati­guée, le Petit Chape­ron rouge s’en­nuie. Elle décide de traver­ser la forêt, mais les bois sont parfois peuplés de drôles de loups… Joël Pomme­rat signe une version forte et très épurée du conte de Charles Perrault. Nimbés de lumières subtiles, les deux comé­diennes et le comé­dien narra­teur font réson­ner le texte comme jamais. Parfai­te­ment ryth­mée, susci­tant le rire et la peur, cette pièce qui creuse la vérité de chaque person­nage se révèle d’une inépui­sable richesse.

En avril au centre Char­lie-Chaplin de Vaulx-en-Velin.
 
 
 
Dès 7 ans
 
– Lecture-spec­tacle musi­cal (créa­tion) –
Le Thé des pois­sons 
Samuel Sighi­celli et Benja­min de la Fuente ont pioché dans les contes de Piret Raud pour compo­ser cette lecture scénique habi­tée de musique. Char­gées de person­nages déso­pi­lants, comme l’œuf qui fait du yoga ou le pois­son qui invite ses amis à boire le thé, ces histoires sont inter­pré­tées par les musi­ciens de Spirito – chœurs et solistes de Lyon.
En novembre au Tobog­gan, en février au Briscope et à l’espace A.-Camus. 

 – Danse – cirque – images numé­riques –
Pixel
En faisant dialo­guer avec flui­dité la danse hip-hop, le cirque et les images numé­riques d’Adrien Mondot et Claire Bardainne, le choré­graphe Mourad Merzouki nous offre l’un de ses plus beaux spec­tacles. Évoluant dans des paysages virtuels de plus en plus présents, les inter­prètes jouent avec les lignes et les points, glissent entre les formes géomé­triques, bous­culent les repères et nous font éprou­ver des sensa­tions verti­gi­neuses. Le croi­se­ment de ces univers ense­mence un nouveau terri­toire où l’ima­gi­na­tion est reine. Une œuvre splen­dide et envoû­tante.

En mars au Radiant.
 

– Jonglage –
Pan-pot ou modé­ré­ment chan­tant
Le collec­tif Petit travers redonne ses lettres de noblesse au jonglage avec un spec­tacle d’une élégance rare. Tandis que la pianiste inter­prète Mozart, Bach, Wagner…, les trois jongleurs criblent l’es­pace de balles dont les trajec­toires rebon­dissent sur la musique. Elles fusent, percent l’obs­cu­rité d’une blan­cheur surpre­nante. Hori­zon­tales. Grou­pées. Mutines. Explo­sives et câlines. Jamais là où on les attend. Et ce ballet graphique devient épous­tou­flant.

En octobre à la Maison de la danse.

 – Théâtre, musique et BD –
Roméo et Juliette
Voici une adap­ta­tion de Roméo et Juliette que les plus jeunes ne sont pas près d’ou­blier. Jouant au milieu de l’or­chestre natio­nal de Lyon (dirigé par Ilyich Rivas), les comé­diens de la compa­gnie Et si c’était vrai font dialo­guer l’œuvre de Shakes­peare et la musique de Proko­fiev. Pour donner encore plus de force à cette histoire, l’au­teur de BD Efix trans­pose l’in­trigue à Lyon grâce à des dessins qui sont diffu­sés sur écran géant. Une réus­site.

En mars à l’Audi­to­rium.
 
 
 
Dès 8 ans
 
– Théâtre d’objets – musique (créa­tion) –
Une Carmen en Tura­kie
Avec son grain de folie habi­tuel, la bande du Turak théâtre revi­site Carmen de Bizet. Détour­nant des objets du quoti­dien, les mani­pu­lant avec poésie et humour, Michel Laubu trans­forme l’opéra-comique en féerie marine. On croise une fanfare de crabes, un orchestre de crevettes mando­li­nistes, un phare breton, des marion­net­tes… Le tout savam­ment bricolé sur des airs irré­sis­tibles. Ça promet.
En décembre aux Céles­tins, en janvier à la Comé­die de Saint-Étienne.

 – Ciné-spec­tacle (créa­tion) –
Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin
La compa­gnie La Cordon­ne­rie a choisi de trans­po­ser le célèbre conte des frères Grimm en 1989, dans une cité HLM, et d’adop­ter le point de vue de la marâtre. Au sein de cette famille recom­po­sée que le père a déser­tée, Blanche, ado gothique, donne du fil à retordre à sa belle-mère. Un mur s’érige entre ces deux êtres alors même que celui de Berlin va tomber… Dans ce ciné-spec­tacle où voix et brui­tages accom­pagnent en direct un film muet, les nains sont de jardin, les pommes d’amour et le miroir vrai­ment magique.

En mars au théâtre de Ville­franche, en mai à la Comé­die de Saint-Étienne, en juin au théâtre de la Croix-Rousse.

 

 – Opéra –
Brun­di­bar
Afin d’ache­ter du lait pour leur mère malade, deux enfants chantent dans la rue, espé­rant gagner un peu d’argent. Mais Brun­di­bar, le cruel joueur d’orgue de Barba­rie, les chasse de son terri­toire. Les enfants ne se lais­se­ront pas faire. Écrit durant l’hi­ver 1942 dans l’or­phe­li­nat juif de Prague, cet opéra pour enfants d’Adolf Hoff­meis­ter et Hans Krasa fut ensuite joué au camp de Tere­zin. Mise en scène par Jeanne Candel, l’œuvre est inter­pré­tée par les jeunes chan­teurs de la maîtrise de l’opéra de Lyon, sous la direc­tion de Karine Loca­telli.

En mars et avril au théâtre de la Croix-Rousse.
 
– Théâtre (créa­tion) –
Hiki­ko­mori – Le refuge
En janvier au TNG, en avril à la Comé­die de Saint-Étienne. Lire notre inter­view de Joris Mathieu et Céline Le Roux (paru page 20 de Grains de Sel).
 
– Hip-hop –
Show hip-hop
Quand deux crews de break­dance au sommet de leur art se rencon­trent… la scène s’en­flamme ! Le temps d’un show excep­tion­nel, les Pocke­mon Crew que les Lyon­nais adorent et les Morning of Owl qui viennent de Corée vont riva­li­ser de prouesses acro­ba­tiques. Le free-style final réunis­sant les deux équipes 
s’an­nonce explo­sif.
En février à la Maison de la danse.

– Théâtre inter­ac­tif déam­bu­la­toire –
La Terre des lombrics. En mars et avril au TNGLire notre inter­view de Joris Mathieu et Céline Le Roux.

 

 
De 8 à 12 ans
 
– Théâtre (créa­tion) –
Riquet
Laurent Brethome adapte Riquet à la houppe et donne un coup de frais au conte de Charles Perrault. Dans cette version réécrite par Antoine Herniotte, les person­nages prennent leur avenir en main. S’il est toujours ques­tion de laideur et de beauté, la pièce pointe du doigt les codes impo­sés aux plus jeunes par la société. Grâce au « live pain­ting » (pein­ture en direct), le décor de papier évolue tout au long du spec­tacle.
En novembre au Tobog­gan.

 

 

Dès 9 ans
 
– Spec­tacle musi­cal (créa­tion) –
Vingt mille lieues sous les mers
Alors qu’un monstre marin hante les océans du globe, les membres d’une expé­di­tion lancée à sa pour­suite sont captu­rés par le capi­taine Nemo. Embarqués dans un tour du monde sous-marin, ils vont vivre des aven­tures fantas­tiques. Les Percus­sions Claviers de Lyon s’em­parent de l’œuvre de Jules Verne et livrent une version musi­cale qui dialogue avec les images d’Étienne Guiol.
En octobre au théâtre de la Renais­sance et au théâtre de Ville­franche, en février à l’opéra-théâtre de Saint-Étienne, en mars à l’espace A.-Camus.
 
 
 
 
Dès 10 ans
 
– Nouveau cirque (créa­tion) –
Ficelle
Acro­bate-danseur-illu­sion­niste-comé­dien capable de toutes les féeries, James Thier­rée est de retour avec un spec­tacle sur une fratrie singu­lière. Des enfants qui jouent dans une cave, un père qui se fond dans le décor, une mère lumi­neuse, une gouver­nante nommée Mara­bout… Thier­rée l’en­chan­teur promet un fabu­leux voyage imagi­naire.
En mai et juin au théâtre des Céles­tins.
 
– Confé­rence dansée –
Le Tour du monde des danses urbaines en dix villes
Du krump éner­gique de Los Angeles au pant­sula de Johan­nes­burgh, en passant par le déso­pi­lant voguing de New York et le dance­hall de King­ston, les choré­graphes François Chai­gnaud et Céci­lia Bengo­lea nous invitent à un tour du monde des danses urbaines. À partir de projec­tions vidéo commen­tées par la danseuse Ana Pi, cette confé­rence dansée nous dit tout sur les danses explo­rées et s’achève par une initia­tion. Futé.
En décembre à la Maison de la danse.

 

 

Dès 10/11 ans
 
– Danse et arts numé­riques (créa­tion) –
Le Mouve­ment de l’air
Repous­sant sans cesse les limites des arts numé­riques qu’ils font dialo­guer avec d’autres disci­plines, Adrien Mondot et Claire Bardainne tentent cette fois de rendre palpable l’air. Sur scène, un circas­sien et deux danseurs suspen­dus en apesan­teur évoluent au milieu d’images géné­rées par ordi­na­teur en temps réel. Les mouve­ments des corps inter­agissent avec les paysages virtuels, les gestes se glissent avec poésie entre les formes géomé­triques, les fron­tières du réel s’es­tom­pent… Une créa­tion très atten­due.
En avril au Tobog­gan.

 – Film en concert –

Matrix – film en concert
Pirate surdoué du cybe­res­pace, Neo est assailli de messages cryp­tés qui l’in­citent à décou­vrir ce qu’est la Matri­ce… Sous la direc­tion de Frank Stro­bel, le chef-d’oeuvre de A. et L. Wachowski inter­prété par Keanu Reeves est mis en musique par l’or­chestre natio­nal de Lyon. Une prouesse qui combine les brui­tages et voix de la bande-son, la virtuo­sité des musi­ciens et des combats d’arts martiaux d’an­tho­lo­gie. De quoi ravir les amateurs de SF et de jeux vidéo (durée 2h16).
En avril à l’Audi­to­rium.
 
 
 
 
Dès 12/13 ans
 
– Nouveau cirque –
Unde­rart
Victime d’une chute lors d’un triple saut périlleux qui l’a provi­soi­re­ment para­lysé, l’acro­bate et jongleur Olle Strand­berg a décidé de compo­ser un spec­tacle autour de la notion de risque. Dans une atmo­sphère étrange, très éloi­gnée du cirque habi­tuel, les 7 Suédois de la compa­gnie Cirkus Cirkör entre­mêlent acro­ba­tie, danse, théâtre, vidéo, sur une musique envoû­tante jouée en direct. Parfois lents, leurs numé­ros n’en sont pas moins spec­ta­cu­laires, notam­ment les jeux d’équi­libres. Inter­prété en anglais, Unde­rart est une ode à la vie.
En février au Carré de Soie à Vaulx-en-Velin, proposé conjoin­te­ment par le théâtre de Vénis­sieux, le centre Char­lie-Chaplin de Vaulx-en-Velin, le Tobog­gan de Décines, l’espace A.-Camus de Bron et le Pola­ris de Corbas.
 
 
 
 
Dès 14 ans
 
– Concert narra­tif sous casque –
Danbé
À partir de l’his­toire d’Aya Cissoko (jeune Malienne au parcours jalonné d’épreuves, deve­nue cham­pionne du monde de boxe) écrite avec Marie Desple­chin, la compa­gnie (Mic)zzaj a conçu un concert narra­tif où tous les spec­ta­teurs sont équi­pés d’un casque. Grâce à ce dispo­si­tif, chacun accueille dans le creux de l’oreille le récit de la comé­dienne, accom­pa­gné en direct par deux musi­ciens brui­teurs. Cette approche intime décuple la force du texte et rend le spec­tacle très émou­vant.
En novembre au TNG dans le cadre du festi­val Micro-Mondes (voir p.20).

– Théâtre –

Tartuffe, d’après Tartuffe d’après Tartuffe d’après Molière
Imagi­nez la pièce de Molière jouée par un seul comé­dien. Avec une éner­gie folle et un sacré culot, Guillaume Bailliart relève le défi et livre une perfor­mance éton­nante. En donnant vie à sept person­nages, il s’offre une orgie d’alexan­drins proche de la transe textuelle. Manière de cerner au plus près le héros mani­pu­la­teur mû par ses désirs. Et de mettre en lumière les fulgu­rances de cette comé­die atem­po­relle.
En novembre au TNG Les Ateliers, en décembre à La Mouche de Saint-Genis-Laval.
 
– Théâtre –
SPEAK !
Présenté dans le cadre du festi­val Sens inter­dits, qui donne à voir des pièces enga­gées venues du monde entier, SPEAK ! de Sanja Mitro­vic traite de la mani­pu­la­tion rhéto­rique. Sur scène, deux comé­diens tentent de conqué­rir le public en utili­sant des discours poli­tiques sédui­sants. Sans connaître les auteurs origi­naux de ces textes (de JF Kennedy à Saddam Hussein), le public vote ensuite pour dési­gner le discours qui l’a le plus convain­cu… et tombe souvent des nues. De quoi tenir en alerte les jeunes citoyens. Spec­tacle en anglais surti­tré en français.
En octobre, festi­val Sens inter­dits au TNG Les Ateliers.