Un beau jour d’oc­tobre 2009, ils ont choisi de tour­ner une page de leur vie pour ouvrir une librai­rie. Sandrine était prof de français (elle l’est toujours) et Cicé avait enchaîné une foule de métiers, de vendeur de chaus­sures au Vieux Campeur à anima­teur, en passant par prof de sciences éco…

Quelle bonne idée ! C’est ce qu’on se dit en pous­sant la porte de leur échoppe. On a très vite l’im­pres­sion de péné­trer dans leur biblio­thèque person­nelle. Le cadre est chaleu­reux, sous le plafond à la française flottent des lampes boules en papier. Le nombre de livres est volon­tai­re­ment limité. Ces biblio­lâtres essaient de ne vendre que des livres qu’ils ont lus, l’un ou l’autre, parfois l’un et l’autre. Ils ont ainsi toute légi­ti­mité pour confier leurs impres­sions à leurs hôtes, sonder leurs goûts pour les conseiller. Les petites maisons d’édi­tion ont la part belle dans les rayon­nages. Les best-sellers ne sont pas ici en terre conquise.

Comme le dit Sandrine avec son accent du Sud, “tout livre ne rend pas meilleur… il vaut mieux en éviter certains de peur d’être plus idiot après les avoir lus”. Pour les plus jeunes, le repaire à histo­riettes est perché sur la mezza­nine. C’est Sandrine qui veille sur le trésor. La ligne édito­riale, c’est à l’ori­gine leur enfant de 11 ans qui l’a défi­nie, par ses choix de lecture. Puis peu à peu, le rayon s’est étoffé. Sandrine avoue un péché mignon : les abécé­daires. Côté clas­se­ment, c’est une logique de maman, plus on s’éloigne de l’es­ca­lier, plus on s’ap­proche des livres pour les tout-petits, histoire de leur éviter de chuter. C’est comme à la maison !

Vincent Jadot

> Pendant tout le mois de décembre 2012, Marie Novion présente ses carnets de croquis à la librai­rie.