Un petit garçon assiste, déses­péré, au départ de son papa. N’écou­tant que son envie de le retrou­ver, il part à l’aven­ture et découvre toutes les belles facettes de son pays, le Brésil : sa popu­la­tion riante, son carna­val, la richesse de ses paysages, la liesse du foot­ball, l’en­trai­de… Mais aussi tous ses problèmes : ses inéga­li­tés, ses injus­tices, son agri­cul­ture et son indus­trie produc­ti­vistes, la guerre, ses villes géantes et étouf­fantes où l’on crève de soli­tude, de pollu­tion, de misè­re… 

Cet ambi­tieux voyage initia­tique, un peu confus dans son récit, vaut avant tout pour son extra­or­di­naire graphisme. Autant le petit garçon est dessiné en quelques traits et deux couleurs, autant son envi­ron­ne­ment est soigné et toujours savam­ment composé de jeux de couleurs, de fonds noirs ou blancs peu à peu recou­verts de traits multi­co­lores, de figures qui deviennent géomé­triques (les champs de coton). Alê Abreu, le réali­sa­teur, a d’ailleurs mixé toutes les tech­niques possibles pour parve­nir à ce brillant résul­tat : pastels, crayons, feutres hydro­gra­phiques, stylos à bille, collages et même prises de vues réelles. 

Un festi­val pour les yeux (le film est quasi muet mais chaleu­reu­se­ment porté par de la musique brési­lienne) qui a valu à Alê Abreu de rece­voir les deux plus pres­ti­gieuses récom­penses au dernier Festi­val d’An­necy : le cris­tal du long métrage et le prix du public. Mérité. 

Véro­nique Le Bris