Savez-vous ce qu’est un palin­drome ? Un mot qui se lit aussi bien à l’en­droit qu’à l’en­vers. 

Anina Yatay Salas déteste son nom, qui en comporte trois. À l’école, tout le monde se moque d’elle et l’ap­pelle « palin­bête ». Mais comment expliquer à son père, qui est si fier de cette origi­na­lité, que c’est à cause de cela qu’elle s’est battue avec Ysel et qu’elle a été punie par la direc­trice ? Punie, le mot est un peu fort, car la sanc­tion est drôle­ment bizarre. 

L’his­toire, vrai­ment origi­nale, est tirée du livre de Sergio Lopez Suarez, un best-seller en Uruguay, que le réali­sa­teur du film, Alfredo Soder­guit, avait déjà illus­tré. Pour son premier long métrage, il a choi­sit d’adop­ter le regard d’Anina, cette petite fille de 10 ans en pleine réflexion sur le monde qui l’en­toure. 

Comme le scéna­rio, qui s’ap­puie sur l’ima­gi­na­tion débor­dante d’Anina et sur la manière dont elle vit ses rêves et ses émotions, l’uni­vers graphique de ce dessin animé est très origi­nal. Tech­nique­ment, il mélange la photo­gra­phie, la pein­ture numé­rique, le décou­page et des textures inédites. Les couleurs, chatoyantes quand il s’agit des person­nages, ternes pour les paysages, donnent une atmo­sphère parti­cu­lière, sans doute typique du quar­tier rési­den­tiel de Monte­vi­deo, en Uruguay, où le film se passe et où il a été conçu. Une décou­verte. 

Véro­nique Le Bris