Avec un peu d’ima­gi­na­tion, on se croi­rait en haut d’un canyon surplom­bant les eaux vives du Colo­rado. On est pour­tant à Saint-Victor-sur-Loire (près de Saint-Étienne). Ce superbe village médié­val possède un magni­fique belvé­dère pour appré­cier le spec­tacle des gorges de la Loire, le plus sauvage des fleuves français.
Le bourg vaut presque autant le détour que la vue qu’il offre. Ses habi­tants vivaient autre­fois du commerce du saumon qui s’ébat­tait dans le fleuve avant de rega­gner la mer. Après avoir sillonné ses ruelles, on traverse forêts et landes pour parve­nir sur le plateau de la Danse,  ainsi baptisé en raison d’une légende qui prétend que les filles légères de Saint-Victor exécu­taient une danse, avant d’être punies de mort par les elfes.

De là, on admire l’île de Grangent et son château, le barrage construit en 1957 et le château d’Es­sa­lois. Ce dernier se visite libre­ment, sa tour, comme un balcon à l’opéra, est idéale pour profi­ter du spec­tacle offert par les gorges, et peut-être surprendre un milan royal en vol. Ce lieu magique, bâti au XVIe siècle autour de forti­fi­ca­tions qui datent du XIIIe siècle, cerné par son jardin à la française et son théâtre de verdure, consti­tue un véri­table décor de film de cape et d’épée.

Vincent Jadot