Le spec­tacle :

Une perfor­mance choré­gra­phique singu­lière qui donne vie à des paysages fami­liers ou inso­lites asso­ciant le spec­ta­cu­laire à l’éphé­mère.

L’in­ter­view :

Désor­mais inté­gré au projet artis­tique du Théâtre Nouvelle Géné­ra­tion, le festi­val Micro Mondes prend une nouvelle ampleur mais ne perd pas sa saveur, bien au contraire. Rencontre avec Céline Le Roux, la direc­trice de cet événe­ment unique. Par Blan­dine Dauvi­laire.

Quelle est la promesse du festi­val Micro Mondes ?

C’est de faire une autre expé­rience de l’art, dans l’in­ti­mité, de rencon­trer des œuvres artis­tiques par l’ex­pé­rience, le senso­riel, avec des propo­si­tions qui sont adres­sées au spec­ta­teur en tant qu’in­di­vidu, qu’il soit enfant ou adulte. 

De quelle façon la program­ma­tion tient-elle ces promesses ?

Par exemple, avec L’Arbre luisant d’Es­car­go­po­lis (dès 4 ans), la compa­gnie 2 rien merci invite le public à une déam­bu­la­tion dans la grande salle du TNG, pour suivre le chemin des escar­gots vers l’hi­ber­na­tion. C’est un projet un peu fou qui fait appel au conte, à des instal­la­tions plas­tiques et visuelles et se termine sous une petite yourte. Dans un tout autre genre, l’ins­tal­la­tion de Milimbo, Dans la forêt, est un laby­rinthe en carton gran­deur nature pour des enfants dès 5 ans, qui repose sur un best of des contes. Chaque parti­ci­pant est le héros de l’his­toire, il doit fran­chir des épreuves pour retrou­ver la pierre des désirs qui exauce tous les souhaits. Sa version minia­ture, Contes et sentiers, qui se joue en famille, sera égale­ment présen­tée.

Evapo­ra­ted land­scapes (Les Paysages évapo­rés) de Mette Ingvart­sen garan­tit un voyage dépay­sant…

C’est une choré­gra­phie de la matière qui, sans inter­prète, nous conduit à la contem­pla­tion. Sur le plateau, des cônes de mousse éclai­rés par des LED sont enva­his par la brume et soudain, les spec­ta­teurs assis de part et d’autre ont l’im­pres­sion d’être des prome­neurs au sommet d’une montagne. Cette artiste danoise travaille aussi sur des projec­tions de bulles qui s’en­tre­choquent et dont les effets de lumière créent d’autres ouver­tures sur l’ima­gi­naire comme des nuées d’in­sectes (dès 6 ans).

Danbé est une expé­rience immer­sive forte pour les ados et les adul­tes… 

Il s’agit d’un concert sous casques indi­vi­duels pour les spec­ta­teurs instal­lés sur le plateau. Grâce à la comé­dienne qui incarne les person­nages, aux musi­ciens qui jouent en direct, chaque spec­ta­teur est enve­loppé de cet univers de mots et de musique, il entre dans l’his­toire singu­lière d’Aya Cissoko, qui a écrit ce texte avec Marie Desple­chin. Elle raconte son histoire terrible, sa famille déci­mée dans un incen­die et comment, par sa pratique de la boxe, elle a trans­cendé ce trau­ma­tisme, c’est le prin­cipe de rési­lience, pour deve­nir une cham­pionne inter­na­tio­nale. 

Quel est votre souhait pour cette 3e édition ?

J’ai­me­rais que par le biais de Micro Mondes, de nouveaux spec­ta­teurs fran­chissent la porte du théâtre. Ce festi­val s’adresse à tous, parti­cu­liè­re­ment à ceux qui n’ont jamais rencon­tré l’art dans leur vie. Grâce à l’en­trée senso­rielle des spec­tacles, on n’a pas besoin d’être doté d’un bagage cultu­rel ou artis­tique pour faire l’ex­pé­rience de Micro Mondes. Le sensible y est abordé aussi bien par l’usage de l’ar­ti­sa­nat que par celui des nouvelles tech­no­lo­gies.