Tout commence par un gros frag­ment de béton… décou­vert, contre toute attente, lors de fouilles sur un site gallo-romain. Qui aurait imaginé que ce maté­riau servait, déjà à cette époque, à bâtir de luxueuses villas et de majes­tueux panthéons ? C’est la première révé­la­tion de cette expo­si­tion, qui en réserve bien d’autres.

Ce maté­riau si souvent décrié, asso­cié aux banlieues grises, aux barres HLM sans âme, est ici réha­bi­lité à travers un voyage histo­rique, théma­tique et très ludique.

On invite les visi­teurs à le toucher, à le mani­pu­ler : les plus jeunes vont pouvoir manier la truelle, en tenue de chan­tier, coif­fés d’un casque, et prépa­rer du béton, presque pour de vrai, dans une véri­table béton­nière. La visite est ponc­tuée de bornes inter­ac­tives, de docu­men­taires, mais égale­ment d’un dessin animé mettant en scène le jeune Este­ban à la pour­suite de Roc, son chien facé­tieux : leur course effré­née va mettre en lumière l’om­ni­pré­sence du béton sous toutes ses formes, dans des circons­tances et des lieux souvent inat­ten­dus. Ces deux person­nages vont accom­pa­gner les jeunes curieux à travers un livret-jeu, tout au long de la visite, qui mettra notam­ment en lumière l’as­pect noble et artis­tique du béton ; il est présenté sous ses plus beaux atours, dans les ouvrages de Le Corbu­sier, à travers des réali­sa­tions très contem­po­raines, spec­ta­cu­laires, à l’image du  Mucem à Marseille, du viaduc de Millau ou de cette incroyable robe signée Karl Lager­feld.

En sortant d’une telle expo, c’est sûr, on ne dira plus «  Laisse béton ! »

Vincent Jadot