Greg est au lycée à Pitts­burgh et à part son copain Earl, qu’il connaît depuis la mater­nelle, rien ne l’at­tache vrai­ment à sa vie de lycéen. D’ailleurs, il entend bien finir l’an­née le plus discrè­te­ment possible, sans contact avec les autres avec qui il ne se sent pas à l’aise et qu’il main­tient à distance à grand renfort d’au­to­dé­ri­sion et d’hu­mour caus­tique. 

Sa mère le contraint pour­tant à aller voir Rachel, une connais­sance avec qui il a rare­ment échangé. Rachel est atteinte d’un cancer. À son corps défen­dant, Greg va décou­vrir auprès de cette jeune fille très malade un sens à sa vie et une vraie apti­tude à l’ami­tié. 

Double­ment récom­pensé au festi­val de Sundance 2015, ce film-chro­nique dur et origi­nal aborde l’ado­les­cence avec un regard distan­cié, déca­dré même, comme plusieurs des plans du film. Greg est un person­nage complexe, sans grande confiance en lui, et son amitié avec Rachel va lui donner une force inat­ten­due. 

Grâce à sa fantai­sie qu’il exprime dans des remakes fauchés de grands clas­siques du cinéma, Greg offre à Rachel un récon­fort inat­tendu dans la période très diffi­cile qu’elle traverse. 

Fausse histoire d’amour mais vrai roman d’ami­tié, dopé aux réfé­rences ciné­ma­to­gra­phiques comme dans les premières œuvres de Gondry, ce film conçu comme un jour­nal, au filmage créa­tif mais aux dialogues trop denses et trop écrits, pour­rait faci­le­ment deve­nir une œuvre culte pour les ados qui s’y frot­te­ront. Pas avant 14 ans cepen­dant, car on est très loin ici d’une romance à l’eau de rose…

Véro­nique Le Bris