Einstein aurait dit que si l’abeille dispa­rais­sait du globe, l’homme n’au­rait plus que quatre années à vivre. Sans envi­sa­ger une échéance aussi radi­cale, ce docu­men­taire suisse tente juste­ment d’éta­blir un bilan sur la situa­tion des abeilles dans le monde. Et il est catas­tro­phique : entre 50 et 90 % des abeilles ont disparu depuis 15 ans, sans réelle expli­ca­tion. Or, un tiers de ce que nous mangeons néces­site leur inter­ven­tion, puisque fruits et légumes n’existent que par la polli­ni­sa­tion. Nous avons donc besoin des abeilles, c’est ce qu’il faut rete­nir du message brouillon de ce film. En passant d’une exploi­ta­tion à une autre, en multi­pliant les exemples et les contre-exemples à travers le monde, on finit par perdre le fil du discours. Car, si l’au­teur explique que les abeilles sont vitales pour nous, il recon­naît aussi à plusieurs reprises qu’elles sauront muter et s’adap­ter pour survivre, comme elles l’ont déjà fait au Brésil et aux États-Unis, quitte à deve­nir dange­reuses pour l’homme. Restent que les images sont très réus­sies (on plonge à plusieurs reprises au cœur d’un essaim ou d’une ruche), que certaines situa­tions sont très éloquentes – en Chine notam­ment, où la polli­ni­sa­tion se fait à la main, fleur par fleur –  et qu’il semble malgré tout y avoir un espoir. 

Véro­nique Le Bris.