Au Congo, les enfants consi­dé­rés comme des sorciers par leur famille sont aban­don­nés à la rue. Kinshasa, la métro­pole grouillante, comp­te­rait 20 à 30 000 de ces “ shégués ”. Comme les mendiants, les handi­ca­pés et autres pauvres, ils consti­tuent la force vive de la rue et luttent à chaque instant pour trou­ver de quoi manger, de quoi survivre. Ce film, qui s’ins­pire du docu­men­taire même si c’est une fiction imagi­née par le réali­sa­teur Marc-

Henri Wajn­berg, relate ainsi l’his­toire de José, 10 ans, qui, fuyant l’exor­cisme auquel sa belle-mère le soumet, vient rejoindre seul le vaste bidon­ville de Kinshasa. Il finit par inté­grer une bande de gamins qui décident de prendre leur destin en main, en créant, sous l’aile plus ou moins protec­trice de Bebson, un rappeur allumé, un groupe de musique à l’éner­gie commu­ni­ca­tive. 

Raconté comme cela, le film semble tenir debout. Ce n’est pas le cas. En voulant abso­lu­ment repro­duire l’in­croyable éner­gie de la ville, le réali­sa­teur se perd (et nous perd) dans les méandres de cette incroyable cité, où la loi du plus fort est souvent celle de la survie. C’est dommage, car une struc­ture plus solide aurait permis d’adhé­rer à la cause de ces enfants shégués tout en plon­geant dans le cœur vivant d’une des plus fasci­nantes facettes de l’Afrique contem­po­raine. 

Véro­nique Le Bris