Stella a 12 ans, de bonnes joues et une passion pour les insectes. Mais Stella vit aussi dans l’ombre de sa sœur aînée, la belle Katja, 16 ans, forte en tout et surtout en pati­nage artis­tique. Elle se voit cham­pionne et s’en­traîne dur pour y parve­nir. Cette compé­ti­tion, son âge font qu’on lui pardonne tout, surtout ses brusques sautes d’hu­meur et sa manière de se moquer de sa petite sœur. 

Pour atti­rer la même lumière sur elle, Stella s’ef­force de lui ressem­bler. Elle découvre alors que la réus­site de Katja a un prix et que si elle ne dit rien, elle risque de perdre sa sœur. 

Rares sont les films qui traitent de manière aussi fron­tale de l’ano­rexie et de ses effets sur une famille entière. Du déni à l’aveu­gle­ment, en passant par l’in­com­pré­hen­sion ou par des maladresses cruelles, toutes les phases du proces­sus sont abor­dées et inté­grées dans cette histoire. 

Mais le film ne se limite pas à cela. Au contraire, et c’est dans ces scènes qu’il est le plus réussi, il traite en finesse des rela­tions entre sœurs, du passage de l’en­fance à l’ado­les­cence, de la mise à distance de parents débor­dés par leur propre vie et fina­le­ment, de la construc­tion d’une iden­tité dans une famille banale. 

Les deux jeunes actrices sont aussi atta­chantes l’une que l’autre, dans des registres pour­tant oppo­sés : la presque femme, écor­chée vive, qui impose sa loi à tous, et l’in­tro­ver­tie, à la révolte sourde, capable du pire comme du meilleur pour affir­mer sa person­na­lité en appa­rence plus aimable. 

Véro­nique Le Bris