Oripeaux est un spec­tacle coup de cœur, une petite bulle de bonheur comme on aime­rait en croi­ser plus souvent.

Créé de toutes pièces par la costu­mière Char­lotte Pareja, cet ovni déli­cieux donne à voir toutes les étapes de fabri­ca­tion d’un costume, depuis le premier coup de crayon jusqu’à l’œuvre finale, en passant par les mouve­ments de celui qui le porte.

Sur scène, Char­lotte bâtit de fil en aiguille un bien étrange costume, qui prend vie peu à peu sur le corps du danseur Sébas­tien Cormier. Sans autre parole que le murmure de la machine à coudre, la compli­cité qui s’ins­taure entre eux se trouve magni­fiée par la bande-son, compo­sée en direct par Yvan Vallat.

Drôle, ingé­nieuse, susci­tant la surprise et l’émer­veille­ment des enfants autant que des adultes, cette petite forme cousue et dansée à la perfec­tion distille de vrais moments de grâce. En privi­lé­giant un dispo­si­tif scénique restreint, pour une centaine de spec­ta­teurs privi­lé­giés seule­ment, Char­lotte Pareja fait le choix d’une vraie proxi­mité avec la salle, pour parta­ger avec chacun la magie de la créa­tion. De ses doigts de fée, elle tisse sous nos yeux une étoffe unique, celle dont sont faits les rêves.

Blan­dine Dauvi­laire.

Article paru dans Grains de Sel n°54, février 2010.