Adam, Nate et Riley, trois adoles­cents d’une quin­zaine d’an­nées, se sont rencon­trés sur les bord du lac Supé­rieur, ce vaste espace sauvage où Cana­diens et Améri­cains passent des vacances nature. Adam est timide, un peu coincé, mais béné­fi­cie de la présence de parents à l’aise et aimants. Nate et Riley sont cousins mais eux n’ont pas eu la chance de connaître un foyer uni. Leur grand-mère, char­gée de s’oc­cu­per d’eux, est fran­che­ment débor­dée par les deux phéno­mènes. 

Riley et Nate sont en révolte, toujours prêts à en découdre et à tester n’im­porte quelle limite pour se prou­ver qu’ils seront un jour des hommes. Bagarres, défis, drogues, vols… ils s’es­saient à tout et embarquent Adam dans leurs déra­pages. Le fragile équi­libre de leur trio vacille le jour où les premiers émois amou­reux les mettent en riva­lité, alors que les deux cousins ont décou­vert de quoi faire chan­ter Adam. 

Ce film est une épreuve de force, une sorte de brûlot qui décrit en finesse mais fron­ta­le­ment la riva­lité mascu­line à l’ado­les­cence. Tout est bon pour atti­rer l’at­ten­tion sur soi, même l’au­to­des­truc­tion. Réalisé avec brio et un sens inné de la photo et du récit, ce premier film, dur, laisse un goût amer mais reste fidèle à son propos, en s’ap­puyant sur une tension tenue de main de maître par le jeune Andrew Civi­dino, un nom à rete­nir. 

Véro­nique Le Bris