Issu d’une famille de riches banquiers, Jacques-Henri Lartigue (1894–1986) ne fut reconnu comme photo­graphe qu’en 1963. Pour­tant, dès l’âge de 8 ans, cet enfant plein de vie immor­ta­lise avec son appa­reil tous les moments joyeux qu’il traverse. Membres de la famille, gouver­nante, vacances à la mer ou à la montagne se retrouvent épin­glés dans son album privé, avec un goût prononcé pour les scènes en mouve­ment et les acti­vi­tés spor­tives.

C’est à ces dernières que la gale­rie de l’Ins­ti­tut Lumière, avec le concours de la Dona­tion Jacques-Henri Lartigue et Actes Sud, rend hommage à travers une sélec­tion de photos. Ces œuvres en noir et blanc qui témoignent d’une époque révo­lue font sourire les visi­teurs : courses de luges ou d’au­to­mo­biles, séances de sport avec sa femme, pati­nage sur lac gelé, décou­verte de l’hy­dro­glis­seur et du podo­scaphe (ancêtre du canoë), concours d’en­gins volants plutôt extra­va­gants… c’est à la fois drôle et char­mant.

Soucieux de ne rien oublier, l’ar­tiste tenait aussi un jour­nal intime dont un extrait est exposé, il y rela­tait la météo, les acti­vi­tés et les photos prises chaque jour. Un talent fou à redé­cou­vrir abso­lu­ment.  

Blan­dine Dauvi­laire