Dès la première scène, Adamas’af­fiche comme un film diffé­rent. En Afrique, des enfants jouent inno­cem­ment à plon­ger d’une falaise. Mais Samba, l’un des plus âgés, doit se résoudre à aban­don­ner les jeux pour effec­tuer son rite de passage à l’âge adulte, brusque­ment perturbé par un mauvais présage. Il a vendu son âme aux Nassa­ras, ces esprits malsains qui vivent de l’autre côté, dans le Monde des Souffles. 

Quand il s’en­fuit sous la menace des Anciens, son petit frère, Adama, part à sa recherche ; il est bien loin d’ima­gi­ner ce qui l’at­tend là-haut au Nord, au-delà des mers. 

Conte à portée univer­selle ancré dans une réalité histo­rique abor­dée avec un tact bien­venu, Adama surprend d’abord par la texture de ses person­nages, qui ont été sculp­tés en terre cuite et peints avant d’être scan­nés et modé­li­sés en 3D. Si leur expres­sion reste parfois figée, leur matière est incroyable. D’autres tech­no­lo­gies inno­vantes ont aussi été testées pour les scènes d’ex­plo­sion finale. 

Outre ses aspects tech­niques, ce premier film brille par un scéna­rio à la fois concis et formi­dable, qui suit le schéma parfait d’un petit person­nage qui ignore encore qu’il sera un héros, projeté malgré lui dans les secousses de l’his­toire. Une très belle décou­verte. 

Véro­nique Le Bris