Andy Mulli­gan a écrit Trash pour séduire ses élèves adoles­cents que les clas­siques barbaient. Désor­mais, ils pour­ront en voir l’adap­ta­tion au cinéma, Fave­las. L’his­toire est donc fictive, mais trai­tée avec un réalisme confon­dant. 

Rafael, jeune habi­tant d’un bidon­ville brési­lien, trouve un porte­feuille à la décharge où il travaille. Il doit conte­nir des infor­ma­tions de première impor­tance tant la police est prête à tout pour le retrou­ver. Avec ses copains Gardo et Rato, et l’aide invo­lon­taire du père mission­naire de son bidon­ville, Rafael décide de mener l’enquête et de révé­ler pourquoi la police se fait si menaçante. Ce qu’il va décou­vrir est au-delà de tout… 

Véri­table thril­ler pour enfants déjà grands – il y a quelques scènes de violences parti­cu­liè­re­ment éprou­vantes – , Fave­las est un film hale­tant, le meilleur que signe Stephen Daldry depuis Billy Elliot, même s’il ne peut s’em­pê­cher d’être mani­chéen et simpliste quand il s’at­taque à la police et aux poli­ti­ciens, ni de doper son récit aux bons senti­ments. Son polar parvient pour­tant à rester spon­tané et riche en rebon­dis­se­ments quand il colle à ses héros et à leur histoire. Les trois jeunes inter­prètes, tous débu­tants, sont formi­dables de dyna­misme et de débrouillar­dise. 

Mené à un rythme d’en­fer, ce film, proche dans l’es­prit de Slum­dog Millio­naire, devrait être une des belles surprises de cette fin d’an­née. 

Véro­nique Le Bris