Tout le monde connaît l’ori­gami japo­nais, cet art du pliage du papier qui trans­forme une banale feuille en un animal ou un objet en relief. En Chine, le grand artiste de théâtre et de marion­nettes Yu Zheguang a, à partir de 1958, appliqué cette tech­nique tradi­tion­nelle à l’ani­ma­tion. Il lui a fallu un an pour produire, au sein du célèbre studio de Shan­ghai, les huit minutes de Petits canards intel­li­gents, un des trois courts-métrages propo­sés dans ce programme. 

Ces trois jeunes cane­tons partent à la chasse aux papillons, ce qui n’est pas gagné vu leur taille. Mais, comme ils sont malins, ils parviennent à leurs fins… sauf qu’en chemin, ils réveillent un gros chat. Là encore, leur intel­li­gence leur servira à en réchap­per. Un autre film, qui date de 1980, met un oisillon en vedette, Le Petit Canard Yaya. Dans des décors semblables, en papier eux aussi, une couvée de cane­tons éclot sans surveillance et se rend au lac. Un renard rôde mais leur entraide, puis l’ar­ri­vée de maman cane les sauve­ront. Enfin, Un gros chou, créé en 1961 et seul film dialo­gué du lot, raconte comment un petit chat et un lapin apprennent à dire la vérité après avoir fait une bêtise. 

Véro­nique Le Bris