Autour d’une mare débarque un cirque, celui du scara­bée Mini et de ses amis. Tous ont carac­tère bien trempé. Miranda, la puce, est capri­cieuse et souvent très moqueuse avec Mini. Amstrong, le cyclo-mous­tique, est un ado égoïste, obsédé par son vélo. Seule Nina, la balle­rine gracieuse et gracile, est aimable et aimée de tous. 

Ce dessin animé pour enfants est dérou­tant. Alors qu’il conte une histoire d’ami­tié et de frater­nité, il est dessiné avec des couleurs extrê­me­ment vives, pour ne pas dire criardes. Les dialogues aussi sont de mauvais goût. Au début du film, Miranda se moque avec une méchan­ceté et un mépris rares de son prétendu ami, Mini. Lorsque celui-ci s’en­fuie, personne ne s’en inquiète, tous au contraire se plaignent du déran­ge­ment. 

Accueilli chez des punks, puis chez des prin­cesses qui le maltraitent physique­ment, ce pauvre scara­bée appa­raît comme une sorte de victime consen­tante, contrainte de subir son sort sans protes­ter. 

C’est très éloi­gné de ce qu’on enseigne habi­tuel­le­ment aux enfants. Et il n’est pas sûr qu’ils acquièrent, en voyant ce dessin animé, l’es­time de soi néces­saire à toute construc­tion de la person­na­lité. 

Véro­nique Le Bris