Géral­dine est la fille du réali­sa­teur Jean-Paul Julliand et insti­tu­trice en école mater­nelle à Vénis­sieux. Pour la deuxième année, elle a choisi de s’oc­cu­per des tout jeunes enfants, ceux qui n’ont pas encore 3 ans. Son père, ensei­gnant et auteur de films sur l’école depuis 1982, la suit durant cette année scolaire pour véri­fier si la scola­ri­sa­tion si jeune, qui corres­pond à une volonté poli­tique, est satis­fai­sante ou non. 

Sans ensei­gne­ment spéci­fique exigé ni programme prédé­fini, Géral­dine s’est donné deux objec­tifs : que ses petits élèves commencent à comprendre et à acqué­rir le français, eux qui viennent souvent de familles non fran­co­phones, et apprennent à vivre ensemble. Elle multi­plie les initia­tives qu’elle commente tel un bilan, orga­nise de nombreuses acti­vi­tés et quelques sorties scolaires. 

À vrai dire, on comprend mal la diffé­rence entre cette première initia­tion à l’école et la petite section tradi­tion­nelle, tant l’en­sei­gne­ment y semble déjà très scolaire : on apprend les couleurs, les formes, des chan­sons, la disci­pline, à s’au­to­no­mi­ser, à jouer ensemble aussi bien sûr. Les enfants en sont-ils plus heureux et seront-ils ensuite plus perfor­mants ? Diffi­cile à savoir pour l’ins­tant, même si tous finissent par bien commu­niquer en français. 

On peut souli­gner le sérieux, l’en­ga­ge­ment de cette maîtresse face à ses 22 élèves (!), mais aussi regret­ter qu’elle ne sourie jamais et que ses méthodes soient autant basées sur le travail et sur la prépa­ra­tion à ce qui suit. Pas sur l’épa­nouis­se­ment. 

Véro­nique Le Bris