Le spec­tacle :

À la croi­sée des arts, Phia Ménard a imaginé un ballet aérien d’une déli­ca­tesse et d’une poésie inouïes. Sur une petite scène entou­rée de souf­fle­ries, une artiste construit des marion­nettes en sacs plas­tique auxquels les vents donnent vie. Empor­tés dans les airs sur la musique de Debussy, ces êtres fragiles composent une danse qui ne tient qu’à un souffle. De rafales en tour­billons, l’ima­gi­na­tion décolle et le spec­ta­teur est touché en plein cœur. Ce petit chef-d’œuvre nous remplit de bonheur.

Blan­dine Dauvi­laire

 

Inter­view de Mathu­rin Bolze :

Consa­cré aux arts du cirque, le 3e festi­val utoPistes met à l’af­fiche des artistes excep­tion­nels et des formes singu­lières à décou­vrir en famille. Rencontre avec Mathu­rin Bolze, prince du tram­po­line et direc­teur de la compa­gnie Mpta à l’ori­gine de cet événe­ment. Par Blan­dine Dauvi­laire.

 

En quoi consistent les utoPistes ?

C’est un festi­val lié aux arts du cirque qui offre un pano­rama de la créa­tion contem­po­raine. Un lieu de rencontre de person­na­li­tés venues de diffé­rents hori­zons. Chez tous les artistes invi­tés on retrouve la notion du lien, de la rencontre et de l’en­ga­ge­ment.

 

La soirée d’ou­ver­ture, ouverte à tous, va réunir des artistes à fort tempé­ra­ment.

Elle débu­tera place des Céles­tins avec Chloé Moglia, trapé­ziste qui travaille sur la suspen­sion avec une immense préci­sion du geste. Puis Sébas­tien Barrier présen­tera le festi­val pendant que le graphiste Bonne­frite réali­sera une fresque. Chloé nous entraî­nera ensuite à l’in­té­rieur du théâtre et en sortant, nous retrou­ve­rons Johann Le Guillerm et son instal­la­tion. Tout est gratuit, il faut juste s’ins­crire avant pour pouvoir entrer dans Les Céles­tins.

 

Parmi les temps forts du festi­val, on va décou­vrir Somnium de Juan Igna­cio Tula et Stefan Kins­man (dès 6 ans).

Sur un plateau nu, ces virtuoses de la roue Cyr déclinent toutes sortes de rela­tions amicales en se servant de cet agrès très pur.  Les jeux de mani­pu­la­tion assez poétiques racontent des tas de choses et dégagent une grande éner­gie.

 

Le collec­tif Petit Travers présente une courte forme bapti­sée Nuit (dès 6 ans).

On retrouve leur grande préci­sion de jongleurs dans ce spec­tacle intri­guant teinté de magie où des balles blanches traversent un espace noir, certaines semblent auto­nomes, d’autres restent en l’air après avoir été jonglées. C’est très fin et très bien écrit.

 

Le duo d’ar­tistes du spec­tacle Noos promet de belles émotions (dès 6 ans).

Au début du spec­tacle, le corps de Justine Bertillot est complè­te­ment désar­ti­culé sur les genoux de Frédéri Vernier. Petit à petit, les mani­pu­la­tions deviennent propre­ment incroyables, le corps de Justine retrouve une densité et ils enchaînent des acro­ba­ties singu­lières.

 

Ici ou là, main­te­nant ou jamais de Chep­tel Aleï­koum sera un moment festif.

Les artistes de cette compa­gnie protéi­forme utilisent diffé­rents agrès mais ce qui les relie, c’est la musique. En fanfare, ils inventent un parcours qui commence sur la place des Céles­tins, se pour­suit dans les cour­sives du théâtre, inves­tit le plateau et ressort pour danser dehors (dès 8 ans).

 

La nouvelle créa­tion de James Thier­rée est aussi très atten­due (dès 10 ans).

Nous accueillons avec un grand plai­sir La grenouille avait raison, créa­tion qui s’an­nonce dans la veine de ses premiers spec­tacles. James Thier­rée sera sur le plateau entouré d’ar­tistes virtuoses.

 

 

Autre moment fort, Mazùt de la compa­gnie Baro d’Evel (dès 8 ans).

Camille Decour­tye et Blaï Mateu Trias, duo fonda­teur de la compa­gnie, recréent un univers très poétique lié au papier et à l’encre. Au fur et à mesure du spec­tacle, les person­nages en quête de leur anima­lité évoluent. Les arts plas­tiques, le cirque, la danse, la musique et le chant se mélangent. Il y a un très beau concert de gouttes d’eau dans des pots de métal. C’est un petit bijou.

 

On pourra (re)voir le célèbre solo Fenêtres que vous avez trans­mis à Karim Messaoudi.

Ce spec­tacle avec lequel j’ai commencé en 2001 est l’his­toire de Bachir, person­nage qui vit dans une maison dont le sol rebon­dit. Il se confronte à sa soli­tude, grimpe aux murs et voltige. La trans­mis­sion s’est accom­pa­gnée de la créa­tion d’un autre spec­tacle dans lequel je joue en duo avec Karim: Barons perchés. 15 ans après, Bachir se dédouble, s’in­vente un frère dans le même décor mais avec quelques astuces supplé­men­taires. Fenêtres m’a fait naître et j’ai beau­coup de plai­sir à creu­ser encore et encore de manière très exigeante cette histoire.