Vous êtes accros aux selfies ? Cour­rez voir la nouvelle expo­si­tion du musée des beaux-arts de Lyon consa­crée aux Auto­por­traits, de Rembrandt au selfie. 150 tableaux, dessins, sculp­tures, gravures, photos ou vidéos montrent comment les artistes ont choisi de se repré­sen­ter, depuis la Renais­sance jusqu’au XXIe siècle. Avant de s’élan­cer dans le parcours, les visi­teurs sont invi­tés à utili­ser le photo­ma­ton installé à l’en­trée.

Cons­ti­tué de 7 sections, l’ac­cro­chage donne à voir les diffé­rentes moti­va­tions, le contexte histo­rique, le statut social et la person­na­lité de chacun des artistes. Du haut de ses 18 ans par exemple, Louis Janmot exprime son talent avec un bel aplomb, tandis que Rembrandt, contrai­re­ment à ce que l’on pour­rait penser, ne multi­plie pas les auto­por­traits par vanité mais pour conten­ter ses collec­tion­neurs.

Certains comme George Jame­sone se peignent dans l’ate­lier et en profitent pour faire leur auto­pro­mo­tion, d’autres s’en­tourent d’amis, parfois en plein air. Matisse, lui, préfère se repré­sen­ter de dos en train de travailler, tandis que Cour­bet danse la valse, et que Gino Seve­rini entouré de sa femme et sa fille nous fixe obsti­né­ment.

À l’étage, les artistes s’amusent à se mettre en scène ou à se dissi­mu­ler dans un recoin de l’œuvre, à se traves­tir comme Andy Warhol ou inter­ro­ger la notion de mascu­lin et de fémi­nin telle Sarah Lucas, à dévoi­ler une partie de leur corps nu ou utili­ser le selfie à des fins poli­tiques comme le fait régu­liè­re­ment Ai Weiwei. La visite s’achève par une œuvre parti­ci­pa­tive dont vous serez le héros. Ne prenez pas la grosse tête pour autant. 

Blan­dine Dauvi­laire