Dédiée à l’écri­vain Michel Tour­nier, la 47e édition des Rencontres d’Arles présente la créa­tion photo­gra­phique dans tous ses états. En ques­tion­nant le monde qui nous entoure, les artistes font voya­ger notre regard. Parmi les 3 500 œuvres expo­sées à travers toute la ville et réunies dans des sections à thème, ne ratez pas :

. Western Camar­guais : peu de gens le savent et pour­tant, les premiers westerns inspi­rés par la conquête de l’Ouest améri­cain ont été tour­nés en Camargue dès 1905. Le village des Saintes-Maries-de-la-Mer sert alors de cadre à des produc­tions mêlant gardians et bétail. Compo­sée de photos, d’af­fiches, d’ex­traits de films et d’objets, l’ex­po­si­tion fait revivre cette épopée enso­leillée.

. Western colors : pour sa première expo­si­tion person­nelle à Arles, Bernard Plossu (71 ans) jette un œil dans le rétro­vi­seur et nous fait parta­ger ses souve­nirs. Fasciné par l’Ouest améri­cain, il débarque à San Fran­cisco à 21 ans en parfait beat­nik. Bien des années plus tard, c’est ce para­dis perdu qu’il tente de ressus­ci­ter lors de ses nombreuses virées en voiture et ses randon­nées nostal­giques dans l’Utah, le Nevada, l’Ari­zona, le Nouveau-Mexique et la Cali­for­nie.

. Monstres, faites-moi peur ! Vampires, mort-vivants, êtres difformes, extra-terrestres et créa­tures mytho­lo­giques peuplent le cinéma fantas­tique et de science-fiction. Cette expo­si­tion, à réser­ver aux plus grands, revi­site en images ces monstres qui sont l’in­car­na­tion de nos peurs.

. Yokai­no­shima (l’île aux Yôkai) : parti explo­rer lesfi­gures masquées rituelles du Japon rural, Charles Fréger est revenu avec une série de photos habi­tées de farfa­dets, de spectres, d’ogres et de monstres conçus pour donner un sens aux événe­ments natu­rels. Le résul­tat est surpre­nant.

. Syrcas de Maud Sulter : durant toute sa carrière, cette artiste au regard sensible a exploré le manque de repré­sen­ta­tion des femmes noires dans l’his­toire de l’art, dans la photo­gra­phie et le parcours complexe de la diaspora afri­caine. Grâce au photo­mon­tage, elle évoque de façon déca­lée certaines heures sombres en juxta­po­sant des canons de l’his­toire de l’art et des objets d’art afri­cains sur fond de cartes postales aux paysages buco­liques. Bien plus profond qu’il n’y paraît.

. Lady liberty : symbole de l’Amé­rique et de la démo­cra­tie, deve­nue l’une des icônes les plus photo­gra­phiées au monde, la statue de la Liberté imagi­née par le français Auguste Bartholdi (qui était égale­ment photo­graphe) est la star de cette expo­si­tion. Les images réunies pour l’oc­ca­sion retracent les diffé­rentes étapes de construc­tion de cette œuvre déme­su­rée, à la croi­sée de l’art et de la poli­tique.

. Parfaites imper­fec­tions : à l’ère du numé­rique, où l’on supprime toutes les photos jugées impar­faites et l’on retouche les meilleures d’un coup de baguette magique, certains artistes souhaitent au contraire montrer les échecs heureux qui ont engen­dré de mémo­rables clichés. Cet accro­chage rend hommage aux acci­dents, aux hasards et aux merveilleuses erreurs qui changent le cours d’une photo.

. Musée carton : l’ar­tiste suisse Augus­tin Rebe­tez a construit un drôle de château en carton, composé d’es­paces cultu­rels fictifs et de fausses œuvres d’art, et l’a trans­formé en musée. Les sculp­tures, tableaux, objets et photos – tous fabriqués en carton – sont censés repré­sen­ter les œuvres phares de l’his­toire de l’art suisse. Une œuvre ludique.

. Des clics et des classes : consa­crée au thème « Regarde tout change ! », cette expo­si­tion donne à voir le travail des 31 photo­graphes qui ont enca­dré toute l’an­née des élèves issus de 18 acadé­mies françaises.

. Atelier jeune public (6–12 ans) : du 11/07 au 28/08, le festi­val propose aux photo­graphes en herbe de s’ini­tier à la lecture d’images et à la pratique photo­gra­phique aux côtés d’un profes­sion­nel grâce à un atelier de 2h. Une belle façon de déve­lop­per son esprit critique. Tous les jours, sauf le samedi, de 14h30 à 16h30. Réser­va­tion obli­ga­toire en ligne ou auprès de la billet­te­rie. Tarif : 13 € / enfant.

Blan­dine Dauvi­laire


Infos pratiques :

47e Rencontres d’Arles

Du 04/07 au 25/09 dans toute la ville. www.rencontres-arles.com