Pour la première fois en France, le musée d’Art contem­po­rain de Lyon orga­nise une rétros­pec­tive de l’œuvre de Yoko Ono. Souvent réduite au rôle d’épouse de l’ex-Beatles John Lennon, cette artiste de 83 ans est pour­tant l’au­teure d’une multi­tude de créa­tions depuis 1952, que ce soit les perfor­mances artis­tiques qu’elle affec­tionne, la musique qu’elle compose et inter­prète, ou toutes sortes d’ins­tal­la­tions. Déployé sur les trois niveaux du MAC, le parcours incite les visi­teurs à expé­ri­men­ter les œuvres en suivant des instruc­tions précises.

Ainsi, dès la première salle, des jeux d’échecs entiè­re­ment blancs sont à dispo­si­tion pour des parties où il vaut mieux avoir de la mémoire. Grim­per à l’échelle pour se rappro­cher du ciel, déam­bu­ler entre les portes suspen­dues qui symbo­lisent les épreuves de la vie, emprun­ter les passages biscor­nus, plan­ter un clou dans la salle de réunion facti­ce…

Simples et ludiques, la plupart des pièces expo­sées véhi­culent le message de paix et d’amour qui habite Yoko Ono depuis toujours. Parti­cu­liè­re­ment au 2e étage, où l’on croise des œuvres visuel­le­ment fortes comme l’ins­tal­la­tion Ex-it. Compo­sée de dizaines de cercueils en bois clair dans lesquels poussent des arbustes, cette œuvre symbo­lise l’es­poir qui renait.

Les enfants s’ar­rê­te­ront avec amuse­ment devant l’ai­mant géant qui exerce une attrac­tion irré­sis­tible sur les éléments de cuisine de la pièce d’à côté. Ils décou­vri­ront aussi la recons­ti­tu­tion d’une demi-salle à manger où ne subsiste que la moitié des meubles.

Au dernier étage, un tableau vivant accueille les visi­teurs à la sortie de l’as­cen­seur. Avant de décou­vrir l’œuvre Lumière (conçue spécia­le­ment pour l’ex­po­si­tion) qui passe du jour à la nuit en continu, le public pourra répa­rer des objets cassés comme on « répare » le monde, traver­ser une pièce entiè­re­ment noire et toucher des incon­nus au passage, préfé­rer cares­ser des morceaux de corps sculp­tés dans du marbre, avant d’ob­ser­ver tous les réci­pients inédits imagi­nés par des artistes pour faire écho à la phrase de Yoko Ono : « Nous sommes tous de l’eau dans diffé­rents réci­pients ».

Une immer­sion joyeuse et apai­sante qui plaira à coup sûr aux enfants et à de nombreux parents. 

Blan­dine Dauvi­laire