Laerte est un violo­niste doué et très talen­tueux que le trac para­lyse. Recalé à un concours pres­ti­gieux qui lui permet­trait d’in­té­grer l’or­chestre de Sao Paulo, il n’a d’autre choix que de prendre le premier travail qu’on lui propose : aller ensei­gner à des adoles­cents d’Hé­lio­po­lis, la plus grande favela de la ville.

Laerte est aussi exigeant avec ses nouveaux élèves qu’a­vec lui-même. Eux ont beau­coup trop de problèmes pour se concen­trer sur ses cours de musique clas­sique. La violence, les familles accu­lées par les problèmes d’argent, les trafics… freinent leur moti­va­tion. 

Quand Laerte commence à s’in­té­res­ser sincè­re­ment à eux, à se rendre compte que la musique repré­sente, pour certains, une réelle échap­pa­toire, le profes­seur reprend confiance en eux et en lui. 

D’en­trée, Laerte est présenté comme un soli­taire, sans conces­sion. Bloqué, coincé sur ses posi­tions, c’est en s’ou­vrant aux autres qu’il va se révé­ler. Si la leçon n’est pas nouvelle, elle prend cadre dans un contexte inédit : celui des fave­las brési­liennes et de l’en­sei­gne­ment de la musique clas­sique. Rien que pour ce contraste, ce film mérite le détour. Pour les longues séquences de musique, aussi, pour une fois pas trop coupées.  

Véro­nique Le Bris