Durant la seconde guerre mondiale, pour proté­ger leurs enfants, de nombreuses familles françaises juives les confient à des colo­nies de vacances. C’est le cas de Fanny et de ses deux petites sœurs. 

Bien­tôt, ces enfants ne sont plus à l’abri nulle part et plus personne ne veut prendre le risque de s’oc­cu­per d’eux. Alors qu’elles sont toutes trois accueillies dans une sorte de pension vers Megève, la respon­sable qui les héberge comprend que l’étau se resserre et qu’il ne reste à tous ces jeunes qu’elle abrite qu’une seule chance : tenter de passer en Suisse. 

Commence alors pour ce groupe d’une dizaine d’en­fants, certains âgés d’à peine 5 ans, un long périple bourré d’obs­tacles, d’épreuves, de coups de chance, de trahi­sons ou d’em­bûches, dont l’aî­née Fanny, 12 ans, assu­mera la respon­sa­bi­lité. 

Cons­truit à partir du Jour­nal de Fanny, les mémoires que la vraie Fanny Ben Ami a écrits sur son passage en Suisse, le film que signe Lola Doillon est avant tout un hommage au courage insensé de cette enfant, déjà trop grande pour être plainte ou prise en charge, mais trop jeune pour un tel fardeau. 

Acces­sible à tous, ce film fami­lial est de facture bien trop clas­sique pour être passion­nant. Mais il restera comme un témoi­gnage à la mémoire de ceux qui n’ont eu ni la chance ni la force d’en échap­per et un bel hommage à la vraie Fanny, à sa déter­mi­na­tion et à son succès, elle qui a réussi, à 13 ans, à sauver 28 enfants. 

Véro­nique Le Bris