Norma­le­ment, les enfants adorent les animaux. Mais ceux qui figurent dans les six courts-métrages de ce programme sont telle­ment fous qu’ils vont peut-être les désarçon­ner. 

Savent-ils, par exemple, que les girafes vont à la piscine et qu’elles savent plon­ger, avec grâce et en faisant de superbes acro­ba­ties ? Ou encore, comment la (basse)-cour de Versailles, sous Louis XIV, occu­pait-elle ses après-midi ? Qu’un chat qui chante faux a un avenir musi­cal ? Qu’un oiseau coloré peut égayer le quoti­dien d’un homme soli­taire sans se couper les ailes ? Qu’un poulpe amou­reux sait déjouer les plans d’un cuisi­nier ? 

Chaque film possède son univers et sa tech­nique d’ani­ma­tion propres. De l’aqua­relle au split screen, de la 3D pour poules outran­cières aux images réelles trafiquées, tout y passe. Si le poulpe manie l’hu­mour burlesque lors d’une course-pour­suite trépi­dante, les girafes sondent avec élégance l’eau de la piscine. 

Notre film préféré possède tous les atouts : il est drôle, intel­li­gent, créa­tif, très bien réalisé et manie avec sensi­bi­lité de nombreux sujets et plusieurs tech­niques d’ani­ma­tion. Récom­pensé dans de nombreux festi­vals, comme la plupart des autres courts-métrages, il raconte l’ami­tié d’un lapin et d’un cerf, mise à mal quand le cervidé découvre le volume, une troi­sième dimen­sion qui donne un relief inédit à sa vie. C’est malin et traité avec talent et émotion.   

Véro­nique Le Bris