C’est la fin de l’an­née scolaire à Inébolu, un village isolé à 600 kilo­mètres d’Is­tan­bul. Cinq sœurs, toutes adoles­centes, s’amusent avec des garçons dans la mer. Des jeux anodins qui vont bruta­le­ment déci­der de leur vie. 

Accu­sées de compor­te­ment obscène, les sœurs découvrent le carcan que leur famille et une société tradi­tion­nelle leur réservent, l’en­fer auquel la vie les condamne parce qu’elles sont des filles. 

Leur univers se referme bien­tôt : adieu la plage, la mer, l’air libre, l’école, les contacts avec l’ex­té­rieur. Leur maison devient leur prison, où on les dresse à deve­nir de bonnes épouses et dont elles ne peuvent plus s’échap­per que pour se marier. 

Certaines sœurs s’y résolvent. D’autres non. La plus jeune surtout, qui voit son enfance dispa­raître jusqu’à ce que son tour vienne. 

Mustang est à la fois plein d’éner­gie et plom­bant. D’abord riche de la compli­cité de ces cinq beau­tés, de leurs sourires, de leurs coquet­te­ries, l’am­biance devient étouf­fante au fur et à mesure que la maison se trans­forme en place forte. Ce premier film très maîtrisé a la beauté de sa cruauté. Impos­sible d’ac­cep­ter le sort réservé à ces jeunes filles, qui ont pour seule ambi­tion de choi­sir la vie qu’elles veulent mener, impos­sible de tolé­rer cette régres­sion de la Turquie contem­po­raine. 

C’est révol­tant, répu­gnant, mais c’est aussi un témoi­gnage précieux de la part de Deniz Gamze Ergü­ven, la réali­sa­trice française d’ori­gine turque. Mustang a reçu le label Europa Ciné­mas lors du Festi­val de Cannes 2015. 

Véro­nique Le Bris

Sélec­tionné pour les Césars 2016, le film a été récom­pensé par 4 Césars pour : meilleure première oeuvre, meilleur scéna­rio origi­nal, meilleur montage et meilleure musique.


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