En 2004, Shunji Iwai a réalisé un film en images réelles, avec de vraies actrices, Hana & Alice. Depuis, le réali­sa­teur se deman­dait sans cesse ce qui avait pu unir ces deux lycéennes à la fois voisines, concur­rentes et amies. Douze ans plus tard, il répond par ce « prequel » (film qui, à l’in­verse d’une suite, raconte ce qui s’est passé avant). Il revient ainsi sur l’ori­gine de cette rela­tion, impos­sible à filmer avec les mêmes actrices qui ont trop grandi, mais dont il peut utili­ser les voix. Il se décide à racon­ter leur rencontre dans la seule forme alors envi­sa­geable : le dessin animé. 

Alice vient de démé­na­ger et de chan­ger de collège. Mal reçue dans son nouvel établis­se­ment, elle apprend qu’elle occupe la place d’un certain Yuda, qui a mysté­rieu­se­ment disparu. Témé­raire et auda­cieuse, elle commence à enquê­ter, ce qui finit par la conduire chez Hana, sa voisine désco­la­ri­sée qui vit recluse chez elle. 

Non seule­ment cette enquête loufoque est bien tenue, mais le réali­sa­teur a mis un point d’hon­neur à soigner l’ani­ma­tion. Toutes les scènes ont d’abord été filmées avec de vrais comé­diens, puis dessi­nées par roto­sco­pie. Cela donne une qualité de mouve­ment jamais vue, surtout dans un dessin animé japo­nais dont l’ani­ma­tion n’est habi­tuel­le­ment pas fluide. Ce n’est pas le cas ici, loin de là, et les scènes de danse clas­sique ou de course sont d’une remarquable élégance. 

Véro­nique Le Bris