Un homme échoue sur une île perdue au milieu d’un océan. Il tente de s’en échap­per, construit des radeaux mais rien n’y fait, il est irré­sis­ti­ble­ment ramené sur le rivage. Dépité, il croise une grosse tortue qu’il maltraite, de rage. Le lende­main, une jeune femme s’en extrait… 

Ainsi commence le roman de la vie tel qu’il est raconté par Pascale Ferran au scéna­rio et par Michael Dudok de Wit à la réali­sa­tion. Le Robin­son et la naïade vont évidem­ment s’unir… Inutile de racon­ter la suite puisqu’il s’agit de la vie et de ses diffé­rentes étapes, donnant à ce très beau dessin animé une dimen­sion philo­so­phique évidente. 

Sans paroles mais porté par une musique sobre, ce conte exis­ten­tiel est avant tout remarquable pour la beauté de ses images, pour ses dessins épurés aux ombres travaillées, qui donnent parfois l’im­pres­sion de bascu­ler en noir et blanc. Les éclai­rages sont fabu­leux. 

Dudok de Witt, osca­risé pour un de ses courts-métrages, signe ici un premier film poétique et évoca­teur, qui a béné­fi­cié de l’ap­port essen­tiel du célèbre studio japo­nais Ghibli. 

Il a fallu près de 10 ans au réali­sa­teur pour peau­fi­ner son ouvrage, rendre ce film beau et origi­nal. Il est reparti du Festi­val de Cannes 2016 avec le prix spécial du jury Un Certain Regard. Ample­ment mérité. 

Véro­nique Le Bris