Les Trolls sont de petites créa­tures fluo, douées pour le bonheur. Leur emploi du temps est précis : danser, chan­ter et s’em­bras­ser au moins une fois par heure. Les Bergen, leurs voisins, sont tristes et mons­trueux, des genres de Shrek sales et grognons, qui ne savourent le bonheur que quand ils mangent un Troll. Chaque année, ils orga­nisent le Troll­stice, une jour­née de dégus­ta­tion. 

Pas ques­tion pour les plus petits de se lais­ser manger tout cru, cette fois-ci. Surtout que leur jolie prin­cesse rose Poppy est inscrite au menu du prince Bergen. Mais comment vont-ils s’en sortir ? Et surtout, peuvent-ils envi­sa­ger de vivre en se respec­tant mutuel­le­ment ?  

Il va être diffi­cile d’échap­per à l’ef­fet Troll à l’au­tomne. Ce feel good movie aussi déjanté qu’en­traî­nant est litté­ra­le­ment une pilule du bonheur que les enfants vont ingur­gi­ter à haute dose. Et comme elle fonc­tionne aussi sur les parents, grâce à sa BO bour­rée de tubes, son succès est d’ores et déjà annoncé. 

Portée par des créa­tures adorables – qui vont carton­ner en produits déri­vés – cette joyeuse comé­die sait aussi être touchante et d’une effi­ca­cité redou­table : le rythme est hale­tant, les rebon­dis­se­ments malins, les person­nages atta­chants, la musique endia­blée. Même l’apo­lo­gie du vivre-ensemble, de la soli­da­rité et de la pensée posi­tive est distil­lée avec une certaine déli­ca­tesse. Dans la moro­sité ambiante, les Trolls, leur couleurs flashy et leurs paillettes glam-rock, vont, c’est certain, rendre l’au­tomne rose et pop. Qui s’en plain­drait ? 

Véro­nique Le Bris