Rafa a 14 ans et les préoc­cu­pa­tions de son âge : le lycée, les copains, les sorties, le water-polo… Ibra­him a à peu près le même âge, mais une vie plus compliquée. Il est arrivé du Maroc il y a plusieurs années et tente, depuis, de se fondre dans la société espa­gnole. Pour lui, rien n’est simple. Surtout quand il apprend que, malgré son compor­te­ment exem­plaire,  il va être expulsé prochai­ne­ment. Entre-temps, les deux adoles­cents se sont rencon­trés. Leur amitié forte est vite deve­nue plus trouble. Rafa va d’ailleurs tout tenter pour qu’I­bra­him reste à ses côtés. 

Mikel Rueda, le réali­sa­teur espa­gnol, a campé son deuxième long métrage aux fron­tières de la ville, dans une banlieue pleine de recoins. Il prétend avoir voulu rappro­cher deux soli­tudes, deux compor­te­ments qui obligent à vivre cachés, surtout à cet âge. En cela, le film est pudique et réussi. 

Ce qui l’est moins c’est la struc­ture bancale pour laquelle il a opté. Le début du film mélange, sans logique ni chro­no­lo­gie, des scènes concer­nant les deux person­nages prin­ci­paux. Après ce kaléi­do­scope diffi­cile à suivre, la narra­tion reprend de manière plus clas­sique. Ce n’est fina­le­ment qu’à ce moment que le récit devient inté­res­sant et atta­chant, comme finissent par l’être Rafa et Ibra­him. 

Véro­nique Le Bris