Pour filmer des loups à l’état sauvage, mieux vaut être tenace et patient. Il a fallu trois ans à Jean-Michel Bertrand, des heures de marche et des mois de bivouac pour saisir quelques instants d’une meute de loups instal­lée dans une vallée isolée des Alpes. Trois longues années à attendre, à combattre les éléments et à guet­ter la moindre preuve de leur exis­tence. Au départ, il n’en avait aucune, seule­ment l’in­tui­tion forte que cette vallée, qui doit rester secrète pour assu­rer leur survie pouvait en accueillir. 

Assez vite, en juin de l’an­née 1, Jean-Michel Bertrand aperçoit un spéci­men. Il se prépare alors pour le filmer mais ne trou­vera plus aucun indice avant octobre. L’hi­ver passe livrant quelques pistes : une empreinte dans la neige, une carcasse dépe­cée, un excré­ment… Le réali­sa­teur établit un parcours probable et fixe des camé­ras auto­ma­tiques capables de filmer de jour comme de nuit. Puis il attend et entre­prend un drôle de rituel : rele­ver les images de ses camé­ras en suivant un parcours précis, toujours le même, afin de fami­lia­ri­ser les animaux à sa présence. 

En conce­vant son film comme un jour­nal de bord, Jean-Michel Bertrand renou­velle le genre du docu­men­taire en pleine nature où les animaux sont toujours montrés sous leurs plus beaux jours. Ici, c’est lui le héros d’un film en train de se faire et dont l’at­tente, l’in­cer­ti­tude sont un des éléments narra­tifs essen­tiels. Cela n’em­pêche pas de superbes images, mais on est plus capté par l’en­ga­ge­ment person­nel du réali­sa­teur que par son objec­tif.

Véro­nique Le Bris


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