Comme chaque année, Louise est en vacances à Bili­gen-sur-Mer. C’est une petite station balnéaire de la côte normande, dans la région qui a vu, en 1944, les alliés débarquer. Et comme chaque année, elle devait prendre le dernier train, celui d’avant les grandes marées pour s’en aller. Mais, Louise le rate et se retrouve toute seule à Bili­gen. Plus une âme humaine qui vive ! En revanche, les oiseaux ou les crabes sont plus que contents de se réap­pro­prier la plage. Enfin libres !
Si Louise est d’abord déçue que personne ne pense à venir la cher­cher, elle finit par s’y faire. Elle quitte sa maison, inon­dée en hiver, et s’ins­talle dans une cabane qu’elle se construit sur la plage, face à la mer. Un endroit idéal pour renouer avec son passé, avec ses rêves et avec ses souve­nirs. Louise appar­tient plei­ne­ment à l’uni­vers poétique et philo­so­phique que Jean-François Laguio­nie décline depuis cinquante ans dans ses films animés.
Tout en douceur, grâce à ses dessins à l’aqua­relle, au lavis et au pastel et à sa déli­cate nostal­gie, Laguio­nie finit par trai­ter, à travers Louise en hiver, de grands sujets, par abor­der de profondes ques­tions exis­ten­tielles : la soli­tude, les choix de vie, la liberté ou encore la « vieilli­tude » comme il dit.
Ce film qui semble un peu testa­men­taire garde l’ori­gi­na­lité de ses oeuvres précé dentes : il a la richesse du Tableau, le goût de l’aven­ture de L’île de Black Mór tout en esquis­sant sous les traits d’une sacrée bonne femme, un auto­por­trait du dessi­na­teur.

Vero­nique Le Bris.


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