Quatre ans après la fin de la seconde guerre mondiale, Jacques Tati impo­sait son humour inimi­table avec son premier film, le fameux Jour de fête. Déjà, il trai­tait d’un sujet qui sera celui de toute son œuvre : la confron­ta­tion entre la tradi­tion et la moder­nité. Et cela, avec les mêmes tech­niques : une obser­va­tion fine du compor­te­ment de ses contem­po­rains, qu’il exprime à travers de nombreux gags visuels et des brui­tages astu­cieux, plus que par la parole. 

Ancré dans son époque, Jour de fête a pour héros François, le facteur d’un petit village français. Tout le monde connaît François, puisqu’il apporte le cour­rier, et tout le monde se moque volon­tiers de lui dès qu’il a le dos tourné. En pleines festi­vi­tés du 14 Juillet, on lui montre un film sur l’ef­fi­ca­cité des services postaux améri­cains. François le prend au pied de la lettre. Il décide alors d’uti­li­ser ces tech­niques révo­lu­tion­naires pour faire sa tour­née… déclen­chant un festi­val de gags qui reste dans la mémoire de tous ceux qui ont vu le film. Un déli­ce…

Véro­nique Le Bris