Durant les vacances scolaires, l’opéra de Lyon propose aux ados de 12 à 15 ans des stages alliant art lyrique et numé­rique. Rencontre avec Benja­min Nid, l’un des membres du collec­tif le MATRICE chargé d’ani­mer ces ateliers.


En quoi consiste le travail de votre collec­tif le MATRICE (Module Aléa­toire de Trai­te­ment de Recy­clage d’In­for­ma­tions de Choses Et…) ?

Depuis 10 ans, le collec­tif promeut la pratique d’im­pro­vi­sa­tion et de pièces pluri­dis­ci­pli­naires qui allient la vidéo, l’ins­tru­ment acous­tique, la bidouille et l’uti­li­sa­tion du numé­rique.


À la demande de l’opéra de Lyon, vous animez des stages mêlant art numé­rique et lyrique. Quel est le but de ces ateliers ?

Nous souhai­tons faire décou­vrir aux ados nos pratiques vidéo et leur montrer toutes les sensi­bi­li­tés que déve­loppe l’uti­li­sa­tion du numé­rique. Nous travaillons à partir de choses low-tech, comme la vidéo­projec­tion pour géné­rer de l’image, et de choses high-tech pour trans­for­mer ces rendus-là dans un ordi­na­teur en rajou­tant des effets. Cette initia­tion permet aux ados de réali­ser qu’on peut program­mer un joys­tick de jeux vidéo pour faire du son ou de l’image, qu’on peut aussi détour­ner un disque dur, l’ou­vrir et se bala­der avec un échan­tillon sonore qu’on a enre­gis­tré avec un musi­cien de l’opéra.


Intro­duire le numé­rique à l’opéra crée un choc des cultures ?

Oui, mais comme nous sommes aussi musi­ciens, nous repré­sen­tons tous les postes de travail : la créa­tion scéno­gra­phique et la vidéo, le travail de la voix avec la chef de chœur, les instru­men­tistes donnent une idée de l’in­ter­pré­ta­tion orches­trale trans­for­mée par l’ou­til numé­rique, et j’uti­lise beau­coup la tech­nique du sound­pain­ting.


De quoi s’agit-il ?

Le sound­pain­ting est un langage inter­na­tio­nal de 1200 signes pour impro­vi­ser en temps réel une perfor­mance pluri­dis­ci­pli­naire. Ce langage permet de dépla­cer des gens dans l’es­pace, de faire des mémoires de dispo­si­tions, ce qui offre une très grande souplesse.


Ça donne envie aux ados de pour­suivre l’aven­ture ?

Géné­ra­le­ment oui. Certains sont très moti­vés et télé­chargent des logi­ciels chez eux pour pouvoir faire de l’image ou du son. Ce stage leur fait aussi décou­vrir le travail d’un collec­tif qui crée ensemble dans le respect de ce qui est proposé. Il s’achève par une resti­tu­tion de leur créa­tion le dernier jour dans l’Am­phi de l’opéra.


Stage opéra et numé­rique

De 12 à 15 ans, ouvert à tous.
Du 27/02 au 03/03 et du 24 au 28/04, de 9h30 à 12h30.
opera-lyon.com


Réser­va­tion au 04 69 85 54 54 et au guichet de l’opéra,
du mardi au samedi de 12h à 19h. Tarif : 60 €.


Blan­dine Dauvi­laire