Voir Une vie de chat est une expé­rience inédite, puisqu’il s’agit de l’un des tout premiers polars pour enfants, réalisé sous la forme d’un dessin animé. Zoé est une petite fille un peu triste et muette depuis qu’elle a perdu son papa. Elle trouve refuge auprès de son chat qui, quand elle dort, s’en­fuit par les toits pour rejoindre Nico. Une double vie assu­mée pour le félin, dorloté le jour dans une famille de flic – la mère de Zoé est commis­saire de police – et précieux assis­tant d’un habile cambrio­leur d’œuvres d’art la nuit. Le jour où l’af­freux Victor Costa et sa bande décident de voler la statue géante du Colosse de Nairobi, la vie de Zoé sera en danger. Sa mère va donc devoir mener l’enquête pour sauver sa fille. L’aven­ture est rocam­bo­lesque mais on la suit sans ciller, portés par le magni­fique univers visuel et musi­cal, réfé­rence aux films noirs améri­cains des années 40 et 50. Des ombres portées, des plans déca­drés, des pers­pec­tives hallu­ci­nantes nous plongent dans un Paris parfois rêvé, au son d’un jazz très inspiré. Une belle aven­ture, pas complè­te­ment morale (tant mieux), précé­dée par La Queue de la souris, un court métrage lui aussi d’un graphisme épous­tou­flant.
Véro­nique Le Bris.

Critique parue dans Grains de Sel n°62 Décembre-janvier 2010 /2011