Nous sommes en 1941, mais le cours de l’his­toire a changé. La guerre de 1870 n’a pas eu lieu et c’est Napo­léon IV qui dirige la France. Comme ses prédé­ces­seurs, il séquestre tous les savants et les empêche de mener leurs recherches. Paris, coin­cée à l’âge de la machine à vapeur, est deve­nue irres­pi­rable à cause des émis­sions des centrales à char­bon et plus aucun végé­tal n’y pousse. 

Descen­dante d’une longue lignée d’in­ven­teurs qu’elle aime­rait retrou­ver, Avril a hérité des virus de la recherche, de la chimie et de la clan­des­ti­nité. En cachette avec Darwin, son chat qui parle, elle pour­suit le travail initié par sa mère, qui semblait avoir trouvé une potion d’in­vul­né­ra­bi­lité. 

Ses recherches vont mettre Avril sur la voie de Pops, son grand-père origi­nal et ingé­nieux. Commence alors une aven­ture des plus rocam­bo­lesques à travers un Paris revi­sité par la patte du dessi­na­teur Tardi, célèbre pour son héroïne Adèle Blanc-Sec.

Dans un graphisme aux lignes affir­mées, il mêle une machi­ne­rie indus­trielle Troi­sième Répu­blique avec une vision roman­tique du progrès. La tour Eiffel, deve­nue jumelle, abrite alors la gare du télé­phé­rique, qui joint Paris à Berlin. 

C’est d’au­tant plus beau que le récit atteint ensuite une nouvelle dimen­sion, plus écolo­gique et donc plus actuelle. L’uni­vers comme le scéna­rio sont ici d’une totale origi­na­lité, où l’aven­ture scien­ti­fique de la famille d’Avril prend toute sa place et tout son sens. Formi­dable ! 

Véro­nique Le Bris