Gentes dames, gents damoi­seaux, entrez céans. Ces deux demeures du XVIIIe sont désor­mais vôtres pour échap­per au quoti­dien et remon­ter le cours de l’His­toire, comme on remon­te­rait des pois­sons dans les mailles d’un filet. Ces pois­sons-là et la tenture sur laquelle ils ont été “ captu­rés ” datent du 3e siècle après J.-C. Il s’agit de la plus ancienne pièce actuel­le­ment expo­sée dans ce qui consti­tue l’une des plus belles collec­tions de tissus au monde.

Les appren­tis cheva­liers rêve­ront de batailles héroïques en admi­rant le pour­point (aux 52 boutons !) que Charles de Blois portait sous son armure durant la guerre de Cent Ans. Les “ petits scara­bées ” s’ima­gi­ne­ront maîtres du kung-fu en détaillant les motifs de la robe Jifu aux 9 dragons, portée à la cour impé­riale des Qing (depuis 1611).

Les jeunes prin­cesses auront l’em­bar­ras du choix parmi les robes à panier qu’af­fec­tion­nait “ la Pompa­dour ” ou celles de l’im­pé­ra­trice José­phine, qui en faisait confec­tion­ner plus de 200 chaque année. Le musée des Arts déco­ra­tifs plon­gera égale­ment les jeunes visi­teurs dans le quoti­dien (meubles, bibe­lots…) de ces person­nages, qui n’ha­bi­taient pas que dans des livres d’his­toire.

Vincent Jadot