Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille, abso­lu­ment. Ce mois-ci : Le Fabu­leux Destin d’Amé­lie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet.

Énorme succès critique et popu­laire de l’an­née 2001, Le Fabu­leux Destin d’Amé­lie Poulain est perçu, à travers le monde, comme l’une des plus belles vitrines de la vie pari­sienne. Donnant la vedette à un Paris sédui­sant, des quais Saint-Martin à la butte Mont­martre, en passant par ses quar­tiers popu­laires et ses stations de métro, l’œuvre culte de Jean-Pierre Jeunet est pour­tant bien plus qu’une carte postale fran­co­phile tant son histoire est une pépite de poésie et d’hu­ma­nité.

Une super-héroïne du quoti­dien

Avec la somp­tueuse photo­gra­phie de Bruno Delbon­nel et sur des valses compo­sées par le talen­tueux Yann Tier­sen, Amélie répand le bonheur en toute discré­tion. Cette super-héroïne anonyme qui ne porte pratique­ment pas de masque (sauf celui de Zorro dans l’une de ses rêve­ries diurnes) cultive la bien­veillance comme voca­tion. Telle une espiègle petite fée de l’ombre, la fabu­leuse Amélie trans­forme le quoti­dien de ceux qu’elle rencontre, rêve sa vie entre doux fantasmes et réalité facé­tieuse. La force de son imagi­naire et son altruisme exacerbé consti­tuent des remèdes à sa soli­tude, elle qui s’in­ter­roge sur le mysté­rieux inconnu qui arpente les photo­ma­tons de la capi­tale.

Puisque les enfants et les adoles­cents de 2018 n’ont proba­ble­ment pas eu le privi­lège de faire sa connais­sance à l’époque, il est peut-être temps de se rattra­per en leur faisant décou­vrir Le Fabu­leux Destin d’Amé­lie Poulain. Car après tout, il n’y a pas d’âge pour apprendre à aimer son prochain.

 

Thomas Périllon