Le 22 novembre, le musée des arts de la marion­nette rouvrira ses portes pour dévoi­ler l’en­semble de sa nouvelle scéno­gra­phie. En avant-première pour Grains de Sel, Xavier de la Selle, direc­teur du MAM, et Béné­dicte Auriault, char­gée des rela­tions avec les publics famille, nous révèlent en quoi consiste ce nouveau parcours.

Les trois salles inau­gu­rées fin 2017 consti­tuent désor­mais l’in­tro­duc­tion du musée. Comment s’ar­ti­cule la suite du parcours ?

X. de la Selle : Il répond à trois ques­tions simples qui parlent à tout le monde : d’où vient la marion­nette, à quoi sert-elle et comment se joue-t-elle. Notre ancienne scéno­gra­phie répon­dait à une logique géogra­phique et didac­tique, en partant de Guignol à Lyon pour aller vers la marion­nette en France, en Europe puis dans le monde. Aujourd’­hui, le parcours est beau­coup plus géné­rique et trans­ver­sal sur les arts de la marion­nette. Il est aussi amené à évoluer régu­liè­re­ment, grâce aux prêts que nous font les compa­gnies contem­po­raines et des  insti­tu­tions telles que la Biblio­thèque natio­nale de France ou le Mucem. 

B. Auriault : Cela contri­bue à notre volonté de présen­ter à la fois des œuvres anciennes et des marion­nettes contem­po­raines.

Guignol est-il toujours là ?

X. de la Selle : Il est partout. À chaque fois qu’on aborde un sujet dans l’ex­po­si­tion, on le fait aussi à propos de Guignol. Nous avons demandé à la Cie M.A, qui gère le théâtre Le Guignol de Lyon, de rédi­ger les textes de présen­ta­tion le concer­nant. Il inter­pelle le visi­teur à chaque fois et lui explique qui il est, d’où il vient, qui l’a créé, avec son parler lyon­nais un peu simpli­fié pour rester compré­hen­sible.

Quelle place accor­dez-vous aux artistes ?

X. de la Selle : Le musée doit être leur terrain de jeu, il doit les inspi­rer et leur donner envie de venir. Depuis le début, nous colla­bo­rons avec eux, à travers le prêt de leurs marion­nettes, leurs témoi­gnages et des spec­tacles qu’ils jouent dans nos murs. Au sein du parcours perma­nent, une salle est désor­mais dédiée à une expo­si­tion tempo­raire qui met en valeur l’uni­vers d’un artiste à travers un spec­tacle. Pour commen­cer, nous montrons les marion­nettes, le décor, les notes et les photos de Ballet des étoiles de Jacques  Ches­nay, aujourd’­hui décédé. Dans 18 mois envi­ron, nous chan­ge­rons en donnant peut-être carte blanche à un artiste.

Vous offrez aussi la possi­bi­lité aux visi­teurs de jouer les marion­net­tistes.

B. Auriault : Oui, dans la dernière salle, un caste­let à double niveau enfants/adultes, invite le public à se mettre en scène. Il a à sa dispo­si­tion des marion­nettes à gaine, à tringles ou portées, propo­sées en versions adulte et enfant (dès 6 ans), qui ont été spécia­le­ment créées pour nous par les compa­gnies M.A, Emilie Valan­tin et Arke­tal. Elles ont égale­ment filmé des tuto­riels qui donnent des astuces de mani­pu­la­tion. L’idée est de dire aux visi­teurs : « Main­te­nant que vous savez tout cela sur les marion­nettes, allez voir des spec­tacles ou jouez vous-mêmes ! »

 

• Un week-end de portes ouvertes

Le lende­main de son ouver­ture, le MAM invite le public à venir décou­vrir sa nouvelle scéno­gra­phie et rencon­trer les artistes qui y sont asso­ciés. Entre autres, les compa­gnies M.A, Emilie Valan­tin ou Arke­tal seront présentes dans le musée pour discu­ter de leur art et faire mani­pu­ler leurs marion­nettes. En lien avec son spec­tacle Un certain Monsieur Tokbar joué en novembre aux Céles­tins, le Turak Théâtre présen­tera des saynètes dans l’au­di­to­rium, tandis que les marion­nettes géantes de la compa­gnie Les Grandes personnes déam­bu­le­ront dans les rues de Lyon.

Les 24 et 25 novembre, de 10h30 à 18h30, au MAM, musées Gadagne, 1 place du petit Collège, Lyon 5e. Tél. 04 78 42 03 61. Programme complet sur gadagne.musees.lyon.fr

Clarisse Bioud