La nouvelle expo­si­tion du Centre d’His­toire de la Résis­tance et de la Dépor­ta­tion a choisi de se foca­li­ser sur ces jeunes qui, sous l’Oc­cu­pa­tion, étaient âgés de 13 à 21 ans. « Géné­ra­tion 40 – Les jeunes et la guerre », leur rend hommage en montrant comment ces filles et ces garçons ont grandi sous le sceau de multiples contraintes.

Lors de sa dernière expo­si­tion « Des jours sans » consa­crée aux pénu­ries et restric­tions alimen­taires sous l’Oc­cu­pa­tion, le CHRD a trouvé perti­nent, au vu du nombre d’ar­chives en sa posses­sion, de se concen­trer sur la caté­go­rie des J3, ces jeunes âgés de 13 à 21 ans entre 1939 à 1945. Dans « Géné­ra­tion 40 – Les jeunes et la guerre », le musée leur rend donc hommage, avec la volonté affi­chée d’évoquer les filles autant que les garçons, à travers de nombreux portraits photo­gra­phiques et témoi­gnages audio. Sans oublier le jour­nal de Denise Dome­nach-Lallich, 15 ans en 1939, dont des extraits éloquents jalonnent le parcours comme un fil rouge.

La jeunesse, un enjeu poli­tique pour Vichy

Les premières salles, arti­cu­lées de manière chro­no­lo­gique, montrent comment les jeunes glissent de l’in­sou­ciance des années 1936–1938 au déra­ci­ne­ment provoqué par l’exode en 1940, et deviennent le fer de lance de la poli­tique du gouver­ne­ment de Vichy. Si l’on choi­sit la visite guidée en famille (dès 8 ans), que l’on conseille vive­ment, l’ex­po­si­tion ressemble à un cours d’His­toire gran­deur nature, capti­vant. Dans la dernière salle, l’émo­tion gagne cres­cendo le visi­teur. Des portraits de jeunes gens défilent sur de grands panneaux lumi­neux, qui déli­mitent plusieurs théma­tiques abor­dées avec préci­sion.

Le service du travail obli­ga­toire (STO), véri­table réser­voir de main d’œuvre pour l’Al­le­magne, l’en­ga­ge­ment résis­tant, la répres­sion de la jeunesse pour ce qu’elle fait et ce qu’elle est avec la persé­cu­tion des Juifs. C’est la partie la plus déli­cate à appré­hen­der avec les enfants, que les parents ne devront pas lais­ser seuls lire les cour­riers poignants de ceux qui se savent condam­nés. Le parcours se clôt sur l’im­mé­diate après-guerre au moment où, passée l’exal­ta­tion de la libé­ra­tion, la jeunesse se sent aban­don­née par l’état français, qui ne lui accorde ni la scola­rité gratuite ni l’abais­se­ment de l’âge de la majo­rité. Seule la géné­ra­tion suivante y accé­dera. On réalise, une fois la visite termi­née, l’im­por­tance des combats de celles et ceux que cette expo­si­tion met judi­cieu­se­ment en lumière. Indis­pen­sable.

Géné­ra­tion 40 – Les jeunes et la guerre • Jusqu’au 26 mai 2019 au CHRD, 14 avenue Berthe­lot, Lyon 7e. Tél. 04 72 73 99 00. Du mercredi au dimanche de 10h à 18h. Tarifs : entrée couplée expos perma­nente et tempo­raire de 6€ à 8€, gratuit pour les – 18 ans; visite guidée 3€ + entrée du musée, 1€ pour les – 18 ans.

Visites en famille (dès 8 ans) le samedi 22 décembre à 15h et le vendredi 4 janvier à 14h30. Durée: 1h30. Spec­tacle Sophie Scholl, résis­tance d’une jeunesse (dès 12 ans) le 15 décembre à 16h. chrd.lyon.fr

/ Clarisse Bioud