Après Le Mouve­ment de l’air, le duo lyon­nais Adrien M et Claire B vient de créer Acqua Alta, un projet artis­tique qui se décline en trois propo­si­tions. La première d’entre elles, un spec­tacle acces­sible dès l’âge de 6 ans,  sera présen­tée le 8 mars à la Maison de la danse.

Vent symbo­lisé par de simples traits ondu­lant comme des brins d’herbes, vague incar­née par de petits points, les spec­tacles et instal­la­tions numé­riques du duo Adrien M et Claire B sont recon­nais­sables au premier coup d’œil. Conju­guant la sobriété du noir et blanc à la simpli­cité du trait, les deux artistes font inter­agir le virtuel avec le corps humain. Onirique, magique, poétiques, voilà autant de termes qui collent aux pixels de leurs créa­tions. Et pour­tant, ce couple à la ville comme au travail tient à le faire savoir : ils ont la tête bien sur les épaules. «  On aime créer l’en­chan­te­ment mais on garde toujours en tête la faisa­bi­lité d’un projet », précise Claire Bardainne.

Un sens des contraintes qui n’est pas étran­ger à leurs parcours respec­tifs. Si Claire a suivi un cursus assez clas­sique aux Arts déco de Paris en design graphique et scéno­gra­phie, Adrien Mondot, lui, a fait le grand écart. Alors qu’il obtient son diplôme en infor­ma­tique, ce passionné de jonglage a l’idée d’as­so­cier études et passe-temps et crée un premier spec­tacle de jonglage numé­rique en 2004.

La rencontre de ces deux Greno­blois d’ori­gine en 2010 prend les contours de l’évi­dence. « On a vrai­ment l’im­pres­sion d’avoir inventé notre propre travail », s’en­thou­siasment-ils. Depuis, le couple multi­plie les projets : cinq spec­tacles qui ont tourné des centaines de fois, dont Pixel, une colla­bo­ra­tion en forme de block­bus­ter avec le choré­graphe Mourad Merzouki, deux expo­si­tions inter­ac­tives et un livre numé­rique.

Rendre visible l’in­vi­sible

Aujourd’­hui instal­lés dans leur studio en bordure de Saône, sous la grande verrière d’une cour, Claire et Adrien étudient le mouve­ment des fluides ou de l’air, mani­pulent les algo­rithmes et murmurent à l’oreille de leurs logi­ciels. Les deux créa­teurs se reven­diquent avant tout comme des arti­sans du numé­rique : « Nous sommes des sculp­teurs, sauf que notre matière c’est le virtuel. » Une matière qui leur permet de « rendre visible l’in­vi­sible ». Vent, eau, buée, le duo aime mettre en mouve­ment les éléments pour leur faire rencon­trer le corps des danseurs. Car leurs créa­tions sont bien des spec­tacles vivants où la régie se joue en direct avec la scène.

Acqua Alta, leur dernier bébé, prend la forme d’une expé­rience en trois temps. Adrien et Claire ont d’abord eu l’en­vie de créer un livre numé­rique semblable à un pop-up en papier où appa­raissent des danseurs virtuels grâce à un smart­phone. Avant de le décli­ner en version scénique mais aussi en réalité virtuelle avec un extrait qui plonge le spec­ta­teur, muni d’un casque, au milieu des danseurs.

« Ces trois approches sont autant de moyens de susci­ter des émotions diffé­rentes », souligne Claire. Le 8 mars, seule la version scénique d’Acqua Alta sera présen­tée à la Maison de la danse dans le cadre du festi­val Sens dessus dessous, mais on pourra décou­vrir les trois formes de cet ambi­tieux projet en octobre, toujours à la Maison de la danse. Sur la scène, en pleine montée des eaux, deux danseurs doivent apprendre à vivre ensemble alors que des anima­tions numé­riques, « semblables à des esprits de Miya­zaki », viennent à leur rencontre. Un spec­tacle qu’A­drien et Claire souhaitent loufoque et burlesque. Et les deux de conclure : « On veut toujours s’adres­ser à l’en­fant qui est en nous. »

Acqua Alta, vendredi 8 mars à 20h30 à la Maison de la danse, 8 avenue Jean Mermoz, Lyon 8e.  Tarifs: de 16 à 32€.  Durée : 1 h. maison­de­la­danse.com

/ Caro­line Sicard

 
Infos pratiques
 
 Adresse : Maison de la Danse, 8 Avenue Jean Mermoz
 Téléphone : 04 72 78 18 00