Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille.
Ce mois-ci: Princes et Prin­cesses de Michel Ocelot.

C’est grâce au succès du célèbre Kiri­kou et la Sorcière que Princes et Prin­cesses, de Michel Ocelot, a pu béné­fi­cier d’une sortie en salle, au tout début de l’an­née 2000, une décen­nie après sa diffu­sion à la télé­vi­sion. L’oc­ca­sion de décou­vrir une autre de ses créa­tions enchan­te­resses avec ce recueil de six contes en théâtre d’ombres. Celui qui se décrit lui-même comme « un sorcier » produit avec Princes et Prin­cesses un merveilleux envoû­te­ment. Car grâce au septième art, Michel Ocelot a trouvé un fantas­tique véhi­cule pour voya­ger et racon­ter ses histoires au public. Il fait la part belle à l’un des trésors les plus précieux de l’en­fance : l’ima­gi­na­tion.

La réécri­ture intel­li­gente des arché­types des contes

Au cœur de Princes et Prin­cesses, on trouve deux enfants curieux se retrou­vant tous les soirs dans un cinéma désaf­fecté. Avec l’aide d’un vieux tech­ni­cien, ils se déguisent, inventent puis vivent des histoires dont ils sont eux-mêmes les héros. Les jeunes compères explorent ainsi des époques et des pays diffé­rents, de l’Egypte des pharaons à l’époque napo­léo­nienne, en passant par le Moyen-Âge, et osent même un périple en l’an 3000. Très créa­tifs, ils réécrivent les arché­types des contes tradi­tion­nels et s’ima­ginent noble prince pas forcé­ment vaillant, reine moins cruelle qu’il n’y paraît ou vieille dame pleine de ressources.

Durant soixante-dix minutes, cette alliance de lumière et de papier offre le plus beau des spec­tacles et invite chacun à entrer dans la danse. À l’heure de l’ani­ma­tion numé­rique, l’usage arti­sa­nal de silhouettes en papier noir placées entre une source lumi­neuse et l’écran confère à ces récits une authen­ti­cité et un charme supplé­men­taire indé­niables.

Formi­da­ble­ment intel­li­gentes et réso­lu­ment atta­chantes, ces six fables en silhouettes se dégustent comme de déli­cieux petits fours. La gour­man­dise est-elle vrai­ment un défaut quand la poésie et l’hu­mour en sont les ingré­dients prin­ci­paux ?

→ À voir ou revoir égale­ment

Dilili à Paris, le dernier long-métrage d’ani­ma­tion de Michel Ocelot, est sorti sur les écrans français en 2018 et en vidéo depuis le 13 février chez France tv distri­bu­tion.

/ Thomas Périllon – lebleu­du­mi­roir.fr