Que vous soyez passé à côté d’un film culte lors de sa sortie en salle ou que vous ayez envie de parta­ger un bon moment de cinéma avec vos enfants, la rubrique Mon ciné-club vous propose de (re)décou­vrir des films incon­tour­nables, faciles à déni­cher et à vision­ner en famille. Ce mois-ci : La tortue rouge de Michael Dudok de Wit, sorti en 2016.

Présenté au festi­val de Cannes puis nommé aux Oscars quelques mois plus tard, La tortue rouge fait partie de ces œuvres d’une puis­sance évoca­trice rare et univer­selle, quelque soit l’âge ou le vécu de celui qui la découvre.

Sacri­fiant les mots pour se recen­trer sur ses atouts visuels et senso­riels, le long-métrage imaginé par Michael Dudok de Wit, avec la compli­cité du japo­nais Isao Taka­hata (Le tombeau des lucioles), suit un homme naufragé sur une île tropi­cale. Seul, il doit survivre, trouve fina­le­ment des fruits, de l’eau et du bambou, puis tente de construire un radeau pour s’échap­per. Mais ce projet est systé­ma­tique­ment déjoué par une bête invi­sible qui détruit son embar­ca­tion.

Après plusieurs essais, il découvre fina­le­ment que son mysté­rieux ennemi est une tortue rouge géante. Dans un éclat de rage, il la frappe avec un bâton de bambou et la pousse sur le dos. Terrassé par la culpa­bi­lité, il réalise que la tortue s’est étein­te… Mais la nuit suivante, la cara­pace de celle-ci se fissure et, comme par magie, se trans­forme en une femme magni­fique. Désor­mais, il n’es­saiera plus de quit­ter l’île…

Une ode à la vie

Centré sur la rela­tion symbio­tique entre ces deux êtres, La tortue rouge reflète merveilleu­se­ment notre propre lien à l’exis­tence et à la nature, raconte avec poésie ce que le destin peut avoir d’iné­luc­table et combien les instants de bonheur s’avèrent aussi précieux qu’é­phé­mères. En dépit de l’ab­sence de dialogue et d’un nombre de person­nages réduit, le film fait de cette écono­mie une force pour offrir au spec­ta­teur une fable huma­niste et écolo­giste saisis­sante de beauté. Avec ses touches facé­tieuses et ses envo­lées oniriques, son trait léger et aérien, son anima­tion simple et sugges­tive, La tortue rouge émeut en touchant du doigt ce que la vie a de plus magique.

L’info en plus

Bien qu’il ne s’agisse pas forcé­ment d’un film d’ani­ma­tion imaginé pour les enfants, La tortue rouge est un bijou de cinéma que les spec­ta­teurs de 8 ans et plus peuvent voir et sauront appré­cier
malgré son rythme assez lent – mais ne souf­frant d’au­cune longueur – sa durée toute rela­tive (1h20) et certaines scènes un peu angois­santes mais défi­ni­ti­ve­ment fasci­nantes.

Par Thomas Périllon